MANUSCRITS RESTES EN ITALIE
exemplaire de la Commedia de Dante ; son fils le cardinal y ajoutait plus tard des brouillons de vers italiens de Pétrarque*, puis l'original du Canzoniere demeuré à Padoue' et dont il s'était servi, plusieurs années avant son acquisition, pour donner l'édition aldine de 1501 ^ Cette précieuse collection d'autographes du poète ne gagnait rien à s'adjoindre des morceaux beaucoup moins authentiques*, et dont Tattribution surprend d'autant plus que les Bembo avaient sous la main les éléments de comparaison les plus certains. L'ensemble était acheté, en 1581 et 1582, par Fulvio Orsiui au fils et héritier de Pietro Bembo, Torquato^ et passait après Orsini, mort en 1600, à la Bibliothèque Apostolique. On avait beaucoup parlé de ces volumes au xvi* siècle, mais, après leur entrée à la Vaticane, peu d'entre eux conservaient auprès des érudits le souvenir auqtiel ils avaient droit*.
Pendant ce temps, Venise découvrait les prétendus débris du fameux legs enfouis dans l'humidité d'une chambre de Saint-Marc, qu'on décorait du nom pompeux de Petrarcae tabularium. Florence ne voulait pas rester en arrière et, grâce à la fertile imagination de Bandini, s'enorgueillissait
1. Cf. Appel, Zur Entwickelung,.,^ Halle, 1891, qui réimprime tous les textes du xvi« s. décrivant ces fragments en partie perdus aujourd'hui.
2. Cf. Cian, Un decennio délia vita di M. P, Bembo, Turin, 1885, ch. IX, et Nolhac, La biblioth. de F, Orsini, Paris, 1887, p. 279, 285, 289, 305.
3. Cf. Nolhac, Le Canson, autogr, de P., Paris, 1886, Fac-similés de l'écrit de P., Rome, 1887, p. 13, les articles de Pakscher, Cian, S. Morpurgo, etc. indiqués dans La bibl. de F. Orsini, p. 453, etTédition du Canzoniere promise par T. Casini et G. Mazzoni.
4. Cf. Bibl, de F, Orsini, p. 291 (où le doute même doit être exclu), 301,314. .