COPIES FAITES POUR PETRARQUE
brusquement*. Cette coïncidence de dates est fortifiée par une observation sur le VaL 3195, qui contient la mise au net définitive du Canzoniere . Là le travail a été interrompu et le poète a dû le terminer lui-même ; or, le copiste qui l'avait d*abord aidé se nommant Giovanni, c'est avec quelque raison qu'on avait pu penser à Malpaghini *. L'hypothèse qui regarde le Canzoniere et celle qui regarde VHomère, appuyées sur des vraisemblances indépendantes Tune et l'autre, vont se confirmer, je crois, par le rapprochement des manuscrits.
En efiet, on juge que le copiste est le même dans les deux volumes parla simple comparaison des fac-similés*. C'est bien, du reste, une écriture castigata et clara seque ultro oculis ingereîis, telle que celle que Pétrarque louait dans son jeune disciple* et il serait diflScile de la confondre avec celle d'un autre copiste. L'idenfication ici tentée n'est pas inutile pour l'histoire du texte du Canzoniere, car elle aide à serrer
1. Cf. p. 65. Onadistingué avec raison Giovanni Malpaghini, qui fut maestro errante , de son compatriote Giovanni Conversini, chancelier des Carrare qui ne vécut jamais chez P. (L'opinion soutenue ici par Voigt est abandonnée). Cf. Sabbadini, dans Giorn. stor,, t. V, p. 156- 162; Klette, Beilrâge zur Gesch. und Litt. der Ital. GelehrtenrenaissancCy I, Greifswald, 1888, p. 1-46. Novati rejette même l'identification du jeune ravennate avec Malpaghini ; mais si on accepte, comme on va le voir, le nom de Giovanni pour le copiste du Vat. 3195, les dates semblent imposer cette identification.
2. Dans les brouillons poétiques du Vat. 3196, on lit, à côté de beaucoup de pièces, des mentions diverses de transcription (cf. Appel, Zur Entwickelting liai. Dichtungen P. Ahdruck des cod. Vat. lut. 3196..., p. 23, 25, 26, 28, 29, 31, etc). Pakscher a observé que, partout où il y a transcriptum per me, la pièce se trouve dans la partie autographe du Val. 3195 (ff. 38 '-49, 62-72), alors que la mention tr. per la. (Appel, p. 25) s'applique à une pièce de la partie non autographe. Pakscher songeait à voir dans le copiste le propre fils du poète, Giovanni Petrarca, qui séjourna dans la maison paternelle avant 1358 (Zeitschrifl fur roman, Philol., X, 1886, p. 214 et 218). Il y a une certaine invraisemblance morale à admettre qu'un père aussi sévère que le fut p. eût confié à un fils qu'il ne trouvait pas assez discipliné la transcription de ses nw^ae de jeunesse. Sans doute P. peut avoir eu plusieurs Giovanni parmi ses secrétaires; il était cependant naturel de penser à Malpaghini, comme l'a fait le premier Guido Mazzoni (Noterelle Petrarch., dans // Propugnatore, nouv. sér. I, part. 2).