‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 3)Chapitre 89 sur 362 · Le texte dit his locis (Op · texte numérisé non relu

Le texte dit his locis (Op

2. p. met ici une parenthèse pour dire que, parmi ceux qui l'attaquèrent, se trouvait le Zoïle de son épître ; ce détail semble prouver que sa réfutation de la légende appartenait déjà à sa jeunesse.

3. Par deux fois, dans le Trionfo délia Castità (10 sqq., 154 8qq.)> P. a célébré Didon ; ces deux passages étant assez semblables et sur les mêmes rimes, j'imagine que dans sa rédaction définitive, le poète en eût sacrifié un. L'intention est d'ailleurs la même que dans le texte latin :

Taccia il volgo ignorante : i' dico Dido, Gui studio d'oneslale a morte spinse, Non vano amor com* è '1 pubblico grido.

de vive voix le développement des explications qu'il aurait à donner de Tidée de Virgile ; il faut les chercher, je crois, au moins en partie, dans celles que Boccace, reprenant à son tour la question, nous a transmises sous son propre nom \ Quoi qu'il en soit, notre poète ouvrait, par ces considérations historiques, une voie féconde à l'étude; ce ne fut pas sa faute si les travailleurs hésitèrent à s'y engager et si, trop longtemps encore, en plein xv° siècle, les humanistes s'attardèrent à s'occuper de la philosophie symbolique de Virgile, à la mettre d'accord avec la doctrine de Platon et à couvrir de plus en plus VÉnéide des brouillards de l'allégorie morale '.

Pétrarque avait couru le danger, lui aussi, de lire Virgile toute sa vie sans le comprendre. Il fut sauvé des excès du symbolisme par ce sens littéraire si délicat, qui lui avait fait choisir de bonne heure ses maîtres et ses modèles parmi les meilleurs écrivains de la latinité. Il a certainement lu Virgile en poète plus souvent qu'il ne l'a étudié en moraliste. Le pathé-; tique du romain le touchait profondément, et il savait goûter, pour leur beauté propre, tant de vers qu'il retenait par cœur et qu'il retrouvait parfois dans sa mémoire, transformés en « rimes » heureuses*. Il admirait Virgile avec la sympathie

1. Selon Boccace (GeneaL deor. XIV, 22), !<> Virgile a voulu insérer dans son poème, à la façon d*Homère, un récit des événements antérieurs à l'arrivée en Italie : la tradition lui fournissait avec Didon une

personne qui pouvait recevoir Enée et lui demander ce récit; 2» Cherchant à démontrer comment Thomme vertueux peut être amené à tomber, Virgile a dû mettre en relief tout ce qui peut entraîner la concupiscence ; Didon, par sa race, sa beauté, sa fortune, sa chasteté irréprochable, son état de veuvage, devait offrir à Énée des séductions particulières ; 3® Virgile a voulu exalter à Tavance la gloire du nom Romain, et les imprécations de Didon mourante font songer à Tavenir de Carthage, la future ennemie de Rome, la future vaincue. Boccace conclut que Virgile n*a pas outrepassé les droits de la fiction poétique.

2. Système de Cristof. Landino (Sabbadini, Stor. del CiceronianismOy Turin, 1886, p. 107 sqq.).

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