VIRGILE PRIS POUR MODÈLE
instinctive d'un écrivain qui se seul de même race. Enfin, il reconnaissait en lui, avec quelque fierté patriotique, le chantre des origines nationales et l'interprète le plus illustre de la gloire de Rome*. Qu'il ait, après cela, imité Virgile dans toutes ses compositions latines *, personne ne songera à s'en étonner ; et si cette imitation, dont il a donné le premier exemple, a exercé une influence décisive sur le développement de l'épopée de la Renaissance, je laisserai à d'autres le soin de le lui reprocher '.
Une anecdote sans doute inédite, tirée des lettres de Giovanni Dondi dell'Orologio conservées à Venise, met en scène, d'une façon assez piquante, le respect de Pétrarque pour Virgile*. Dondi envoie à son correspondant une véritable dissertation pour établir la supériorité des anciens sur les modernes dans la littérature et dans les arts* ; il invoque, à cq sujet, le souvenir de l'illustre ami dont il a fréquenté la vieillesse : Nobilissimum et excellentissimum huius etatisingenium.,. in médium adducamus, dominum dico Petrarcam, quem, ut arbitrer y nosti et sepe uidistiy sed ego familiaris fui multumque domesticus, presertim in posteris eius annis,,. Huius uiri opéra,,, placebunt tibi no7imediocriter,certussum;... si
Cf. Ed. I, 83, et Aen, V, 49-50 :
lamque dies, nisi fallory adest, quem semper acerbum, Semper honoratum .... habebo,