‹ Pétrarque et l'humanismeChapitre 125 sur 353 · Ciuit. Dei, IV · texte numérisé non relu

Ciuit. Dei, IV

Î^ETRARdUE ET CICERONf 24 1

son maître païen: Opinio iienejîca (f.194); en revanche, lorsque Lucilius dit que l'existence de la divinité s'impose à qui regarde le ciel, II, 2: Bona persiiasio (ï. 194')-

La préoccupation des idées chrétiennes n'abandonne jamais le lecteur; on les devine en marge de II, 46: Nota de fine mundiper ignem, sed penierse (ï. 197'); on les aperçoit mieux encore, lorsqu'il se sépare sur un point capital de cette morale de Cicéron, qui est toujours pour lui si séduisante. Dans III, 36, l'écrivain romain déclare que, si tous les biens viennent des dieux, la vertu du moins n'en vient pas et appartient en propre à l'homme, qui en tire orgueil à bon droit; Pétrarque, qui professe la doctrine de la grâce, écrit aussitôt: Cane, maledicis (f. 210'). Ces réserves ne sont pas nombreuses, même dans la partie mythologique du traité ; plus tard, enhardi par l'âge, Pétrarque, qui ose si rarement dans ses œuvres blâmer l'enseignement de Cicéron, fera à l'auteur du De natura deorum de vifs reproches d'avoir trop souvent mêlé l'enseignement de l'erreur à celui de la vérité et d'avoir, dans ses dialogues fictifs, refusé de prendre assez clairement parti contre la première '. Il attribuera ces hésitations de Cicéron à condamner le paganisme, comme celles qu'il prête aussi à Virgile, aux supplices que ces grands hommes pouvaient avoir à redouter ^ Mais il préférera tou-

1, Saepe entm, imo passim, eodem quasi dormitans uestigio nutante relaberis et quo modo deos irriseras ueneraris . . . ; idque licet non tu tibi, sed Balho trihiias apud te ïoquenti, quod ipsum Academicae fuerit cautelae^in fine tamen lihri illius Balhi disputationemnonausus, ne in Academiae Jegem pecces, ueriorem dicere, uerisimiliorem dixistis ut qiiicquid ille dispuiaiierat approhando tuum fecisse uidearis. Vere autem tmun sit quod, Platonicum secutus rnorefn, alteri tribuere tuasque sententias proferre ficto alterius ore malueris (De ignor.,Op. 1047). Hortis, Arch. Triest., p. loi, a vu à tort dans ce passage une allusion aux Academica.

2. Pour Cicéron, Op. 1044 (... forte supplicium tiniens), Fam. XXI, 10, etc. Pour Virgile, Vit. sol. I, 4, 10 (Op. 240 : ... ut qui paratum forte supplicium uercbatiir).

jours, comme dans notre manuscrit, relever les points de concordance des doctrines et dire de Cicéron ; Interdum non paganiun philosophum, sedapostohimJoqiii putes... Vides ut iibiqm iiniun Deum guhernatorem ac factorem reruin omnium non phiîosophica tanfum, sed quasi tbeologica circumJocutione descrihit \ On voit comme notre humaniste s'est placé exactement et d'emblée au point de vue des Pères platoniciens.

Les notes ne contiennent point de souvenirs personnels, et il n'y en a que deux qui se rapportent à des choses modernes. Au f. 288, De orat. II, 79, lorsque Cicéron exige que le début du discours soit d'accord avec l'ensemble: Nota, contra omnes predicatores temponim nostrorum. Au f. 297, III, 50 \Quod si Antipater... solitiis est lier sus hexametros aJiosque uariis modis atque niuneris fiindere ex tempore...] Nota, quod quidam moderni, sed tam ridicide ut ne nomine digni sunt.

Pétrarque tient sans cesse présentes à son esprit les diverses parties de l'œuvre de Cicéron pour éclairer l'auteur par lui-même. Les marges portent les renvois suivants : dans le premier chapitre du De offciis, f. 123, il se réfère au De oratore ^ ; le livre I du même ouvrage est cité au début des Academica, f. 233 ; le livre III au chapitre 28 du livre I du De officiis, f. 153' ; le livre IV, c'est-à-dire YOraior, à la fin des Academica, f. 264' ; Tusc. II est allégué dans De orat. II, f, 281 ; De off. II, dans Tusc. V, f. 181' ; Nat. deor. III, dans Diuin. I, f. 215 ; un récit du De diuinatione, dans les Catilinaires, f. 321 \ Dans Nat. deor. II, 65, f. 205 [quia nihil iam irridet Epicurus quam praedictionem rerum futur arum\ Pétrarque observe :

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