‹ Pétrarque et l'humanismeChapitre 153 sur 353 · Ici un feuillet blanc · texte numérisé non relu

Ici un feuillet blanc

5. Le chiffre romain de chaque livre de la première décade' se trouve, de main ancienne, à l'angle du haut de chaque page ; plus loin apparaît un reste de pagination en chiffres arabes, qui ne commençait, dans le manuscrit, qu'avec Tite-Live.

l6 . PÉTRARaUE ET LES HISTORIENS ROMAINS

La troisième décade (f. 169) est séparée de la première par trois feuillets blancs ; la quatrième suit (f. 277) sans séparation.

Le manuscrit permet de répondre à la question que soulève la lettre de Pétrarque à Tite-Live : Centiim quadraginta duos reriim Romanorum libros edidisse te noiiimus : heu quanto studio quantisque laboribiis ! uix triginta ex omnibus supersunt. O mos pessimus nosmetipsos de industria jaUendi ! dixi triginta, quia oinnes uuJgo id dicunt ; ego autem déesse unum bis ipsis inuenio ; noîiem et uiginti sunt ; plane très décades, prima, tertia et quarta oui librorum numerus non constat \ Pétrarque ne possédait donc que 29 livres de Tite-Live, et, comme il déclare que c'est la quatrième décade qu'il n'avait pas complète, on a supposé qu'il lui manquait le livre XL ; en réalité, c'est le livre XXXIII qui est absent de son manuscrit et qu'il n'a pas connu \ Ce livre va de la victoire de Flamininus à Cynoscéphales à la retraite d'Hannibal chez Antiochus, et comprend la fin de la guerre avec la Macédoine et la restitution de la liberté à la Grèce. Pétrarque ne savait même pas avec certitude où était la lacune du récit, mais il la constatait et la regrettait dans le volume qui est sous nos yeux ; au f. 317, rencontrant dans XXXVI, les mots Cynoscéphales ubi debellatum erat cum Philippo, il a écrit : Sed quando hoc fuerat déficit sine dubio, et ut piito unus liber. Le livre XL, dans son exemplaire, n'était même pas tout à fait complet ; il s'arrête sur les mots conciliabidaque edixerunt du chap. 3 7, et

1. Fam. XXIV, 8 (leçons du ms. de Paris). Cf. Rer. meiu. I, 2, moins précis.

2. Il en a été de même de Boccace (Glanant. Arri, Di un volgarii:^. dclla quarta deçà di T. Livio giiidicato di G. Boccaccio, Turin, 1832). Je cite de seconde main cet opuscule, fort rare, d'après les Shidj de Hortis, p. 417 sqq., qui se prononce pour l'authenticité de cette traduction. Le texte en a été donné par Pizzorno (Le Deche di T. Livio, volgari:iiùmento del buon secolo, t. V. La Quarta Deçà di Livio, voJg. daG. Boccacci, Savonc, 1845).

manque du dernier tiers du livre. Le manuscrit ne porte point d'explicit, mais, comme il se termine sur un sens complet, Pétrarque a pu croire qu'il possédait le livre XL à peu près entier et qu'il n'avait à déplorer dans cette décade qu'une seule lacune grave.

Les mentions du manuscrit postérieures à Pétrarque seront étudiées ailleurs ; mais les gardes présentent un assez grand nombre de morceaux de date antérieure, qui ont été réunis en partie pour l'éclaircissement de Tite-Live et dont voici le dépouillement : F. a! : Résumé de l'histoire de Rome sous les rois ; — petite nouvelle latine sur Ovide ' ; — vers [de Virgile] sur le pays des Herniques ~ ; — note sur le règne de Romulus. — F. Z? : Notes diverses de topographie ; — notes sur l'époque de la fondation de Rome ' ; — extrait de S. Augustin ; — prophétie. — F. h' : Division de l'Italie en seize provinces ^ ; — catalogue de postilles sur l'Écriture sainte \

1. Ciini quidam facerent transit lun per locuiii tibl sepulcrnm erat Ouidii, quidam ex illis petiit cuiiis esset illiid sepuîcrum. Inspecta superscriptione, iniienenmt scriptum : Sepulcrum Ouidii flori s poetarum. Tune ille ait : Utiiiam scirem peiorem nersum,falsum continentem, quem unquam fecerit. Tune aiidita est uox de tumulo proferens hune uersum : luppiter esse honum [interligne : al. pium] statuit quodcunque placeret [int. : al. îutuvet]. Et aller ex sociis ait : Utinam scirem meliorem nersuni quem fecerit. Et tune statim audita est uox de tumulo proferens hune uersum : Est uirlus tacitis ahstinuisse bonis. Tune anibo socii, considérantes pulcritudinem et pondus iiersuum predictorum,dixerunt : Dicamus Pater noster pro anima eius. Et tune, dum ineiperent Pater noster, audita est uox de tumulo dicens : Nolo Pater noster ; carpe, uiator, iter. La même anecdote est dans Th. Wright, A sélection of latin stories, Londres (Percy Soc), 1842, p. 43. Mais la forme y est fort différente : le récit est plus bref; les voyageurs sont deux écoliers et ne parlent pas au style direct ; les deux vers d'Ovide sont altérés. Dans notre rédaction, si on tient compte des variantes, on trouve correctement cités Her. IV, 133, et XVI, 98 (sauf tacitis pour placitis).

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