Inc. : Prima prouincia Ytalie est prouincia Venetiarum
5. Inc. : Renerende domine , iste postille meo iiuiicio sunt nieliores : Super Penthateucum postille fratris Nicolai Treuet AngUci et fratris Dominici lectoris sacri palatii...
P. DE NoLHAC. — Pétrarque. 2
l8 PÉTRARdUE ET LES HISTORIENS ROMAINS
— F. 366' : Billet adressé à un lecteur du volume ; — liste des défaites des Romains ; note sur les lois en faveur de la plèbe ; — note sur la chronologie des guerres puniques ; — note sur la lutte entre le patriciat et la plèbe. — Ces morceaux, tous de la première moitié du xiv^ siècle, semblent être de plusieurs mains. Les recherches topographiques sont surtout dignes d'attention et témoignent de plus de curiosité que de méthode. L'auteur semble connaître en personne les environs de Rome, et, comme il sème de sommaires et de réflexions morales tout le manuscrit, on peut conclure qu'il en est un ancien propriétaire. Pétrarque a ajouté à ces notes des jugements qui montrent aisément la supériorité de ses connaissances et qui sont ici imprimées en italiques :
[VJegentum siue Veientiam illam credo tuisse ciuitatem que est iuxta Tybur ad unum miliare, ubi adhuc magna sunt edifîcia, unde porta Tyburtina, per quam ibatur ad illam ciuitatem, eius nomine nuncupatur uulgari corrupto : dicitur enim porta de Vensa, que, ut existimo, proprie débet dici porta de Veientia ^ Falsuni peuitus et inopiiiabile, ratio est iii promptu. — Gabium siue Gabis fuit quedam ciuitas sita in loco ubi nunc est castrum Castilionis sancte Persedis et illi ciues uocati sunt Gabii ab illa ciuitate. Et hoc falsuiii... [mox effacé] non affirmo. — Fidene fuit quedam ciuitas sita iuxta Velletrum ad duo miliaria, ubi nunc est castrum domini Nicolai de Comité quod uocatur Turricula, et ab illa ciuitate dicti sunt Fidenates. Diuinare est. Imo hatid diihiefalsiim, estimaio situ Fidenaniin et Veiortim qui colligitur ex testimonio Liuij. — Laurentum fuit quedam ciuitas sita in loco ubi nunc et monasterium quod dicitur Fossa noua, unde adhuc locus ille Laurentum uocatur. Potest esse ^ — Trasimenus est lacus Perusinus. Hoc iienim. — Paranda [?] fuit uocata illa ciuitas in Maritima que nunc dicitur Tarracena, contra quam sunt septem flumina, que in unum collecta faciunt illum fluuium qui Legula dicitur
1. Je renonce à discuter ce morceau qui a un petit intérêt pour l'histoire des études au moyen âge. Il est évident qu'ici, par exemple, l'auteur anonyme songe aux grandes ruines de la Villa Hadriana.
2. G. Boissier trouve ici deux précurseurs mâXXQwdiVLS (Nouv. promenades archéol.y Horace et Virgile. Paris, 1886, p. 325).
PETRARaUE ET LES HISTORIENS ROMAINS I9
a lego lej^is, quod idem et quod colligo coligis. Falsum. — Qjairite uocati sunt Sabinenses uel milites in Sabinia existentes, ut credo, ab aliqua ciuitate uel Castro ibi situato, uiide ultra Palumbariam est una uia silicata in Sabinia que Quiria nuncupatur ; in uulgari corrupto dicitur Querene. — Altilia uocata est quedam ciuitasin Campania, que nunc dicitur Signia '.
Les gardes d'un manuscrit servaient parfois, à la Renaissance, à la correspondance des lecteurs qui se prêtaient et se restituaient le volume. Nous en avons un exemple ici. La formule qui précède le catalogue des Postilles {Reuerende domine, etc.) indique, sans doute aucun, que l'auteur répond à l'invitation d'un personnage qui lui avait demandé ce petit travail. Un propriétaire y a même inscrit un billet, qui est de la même écriture que les notes topographiques cidessus et non moins incorrect :
Regratior uobis sincerisaffectibus de iocalibus que misistis, que idcirco precipue recepi libentius, quia plene innuunt conseruate dilectionis affectum et euidentius probant integritatem uestre fidei nec absentia minui, nec lapsu temporis antiquari. Sed certe, carissime, cum uos meum reputem, uestra per consequens reputo esse mea uel propria recognosco. Non est ergo necessaria iuteruenctio munerum, cum proprium improprie nec natura pronominis patiatur ut nostra esse uel dici ualeantnostriora.
Ce billet n'a pas le caractère d'un brouillon, et tout fait penser qu'il est adressé à un ami, à qui l'ancien propriétaire envoyait en prêt son Tite-Live. Si l'on songe que Pétrarque dit avoir travaillé à l'aide du manuscrit longtemps avant d'en faire l'achat, comme cette formule s'entend également d'un prêt à long terme, on est porté à croire que le billet pourrait s'adresser à lui. L'allusion à de grands voyages, que semble avoir faits le destinataire, s'accorde également avec la vie errante de Pétrarque dès sa jeunesse. Qui donc
I. Il ne s'agit pas d'une ville de Campanie, mais de Segni, et cette dernière note ne nous fait pas quitter la Campagna de Rome.
serait ce bibliophile d'Avignon, assez ami de Pétrarque pour lui confier un volume aussi précieux, assez enthousiaste de Tite-Live pour en annoter les marges, assez ignorant cependant des choses de l'Antiquité pour être arrêté sans cesse dans sa lecture, assez âgé en même temps ou d'une situation assez élevée pour traiter Pétrarque en jeune homme et s'abstenir, en lui écrivant, de toute formule de politesse ?
Il y a un personnage qui répond à toutes les conditions de ce portrait ; c'est le jurisconsulte de la Cour pontificale, Raimondo Soranzo, dont Pétrarque a plusieurs fois parlé avec éloge, notamment dans la lettre à L. délia Penna : 0^/^^ lerat casus mihi iam antea uenerabilein qiiemdam senem, cuius nomen, ut reor, adhiic in Curia notiim est, Raymundum Superantium ' , ad qtiem ante hos XL annos scripta iiiuenilis mea quaedam mine etiam extat epistoJa \ III e copiosissimus libromm fuit et, lit iîirisconsulttis, in qua facultate poUehat, alia qiiidem cuncta despiciens praeter T. Liiiiiim, qiio iniriun in modiim dekctabatiir \ séd historiae insuetiim magnum licet ingenium haerehat. In eo studio me sibi utilem, ut dicebat, expertus, tanto amore com plexus est, ut patrem potius crederes quam amiciim. Ille mihi et commodando libros et donando supra commune modum faciJis fuit...'. Un tel témoignage met hors de doute la présence chez Soranzo d'un manuscrit de Tite-Live qui fut étudié par Pétrarque, au temps même où le vieillard en était propriétaire. Il montre, en même temps, que celui-ci prêtait volontiers ses livres à notre poète, et qu'il a pu d'autant