Valère-Maxime, f. 22, Sénèque, f
de qua Leges ciiiilcs faciunt mentionem (f. 156). Tout ce travail d'un contemporain de Pétrarque montre comment l'histoire romaine était étudiée autour de celui-ci et laisse mieux apprécier le caractère de sa propre lecture.
Le poète de YAfrica l'a faite avec l'intelligence et le soin qu'on peut attendre. Le premier annotateur demeure absorbé par l'analyse du détail et par des observations morales sans portée ; ses sommaires, quelque abondants qu'ils soient, ne viennent pas d'un esprit qui ait bien compris Tite-Live et la suite logique de son histoire. Ceux qu'a ajoutés Pétrarque prouvent qu'il y a vu plus clair et qu'il a dégagé notamment, du récit des premiers livres, le développement des institutions de la République. De simples mots placés aux endroits justes lui servent de points de repère; par exemple : Prima dictatura (f. 58), Prima trihinitia comitia (f. 68'), Primus triumphiis sine aiictoritate patrum itissu popidi (f. 84), Priimis qiiesfor plebeius (f. 84), Primus consul phheius (f. 121'), Primus plebeius dictator (f. 125 '), Ambo consides patritii, plèbe patiente (f. i26'),Riirsus alter patri tins, alter plebeius consid (id.), etc. Dans cette lutte entre le patriciat et la plèbe, dont il met ainsi en relief tous les épisodes, Pétrarque prend parti pour cette dernière, en des sommaires qui ne laissent pas de doute sur ses sympathies : Acerrima disceptatio plebei hominis contra superbiam nobilitatis (f. 155')' Superbe, sed gentilitium in morem (f. 158), etc.
On le voit relever en marge les formules d'usage romain, dont la gravité ne lui échappe point \ ou les mots particulièrement éloquents de l'historien -. On sent, par les
1. Ne qtiid Res p. detrimenti caperet (f. 70'), Agnun Romaniim Italia terminari (f. 234), etc.
2. Capuam Cannas Hanibali juisse {ï. 200), Pro iure gentiwn stetisse fortiinam (f. 341). Cf. Mira elocutio (f. 73), Pillera elocutio (f. 93), Mordaciter (f. 153'), Magnifiée (ï. 160), etc.
moindres choses, môme par les signes qui marquent les passages à relire, à quel point il entre dans le sentiment du récit. L'amour et l'admiration de Rome le transportent. En veut-on des exemples ? Après la bataille de Cannes : Mira in extremis casihus et incomparabilis constantia ac magnanimitas Romanorum (f. 189); sur les prisonniers romains renvoyés à Hannibal par le Sénat (XXII, éi) : Fides populi Romani, et erga hostem criidelissimiim, contra suos dues (f. 190'); etc. Il n'est pas surprenant de voir un pareil lecteur souligner le châtiment de Mélius (f. 89') et la fin tragique de Manlius (f. 116') de cette exclamation toute romaine et républicaine : Uîtio affectati regni !
Son enthousiasme national ne l'empêche pas il e rendre hommage aux nobles actions que l'historien latin accorde parfois aux étrangers. Il honore avec lui la défense du Sam ni u m : Verha autoris de infatigahili studio lihertatis Samniîim (f. 161); il admire les vertus civiques et la clairvoyance de Hannon : 5/ Jmic uiro creditum esset, Carthago forsitan adhuc star et (f. 193) '. Mais surtout ce sont les héros de Rome qui l'intéressent, les uns seulement comme Romains, les autres par leur caractère individuel; il semble qu'il vive au milieu d'eux et partage leurs passions. Il loue la noblesse du débat entre Fabius et Scipion : Vides tit mites et felJis expertes sunt contentiones uiroriim ilhistrium et rem pnhlicam amantiîim (f. léo) '. Il poursuit de sarcasmes le consul Varron, après le désastre de Cannes : Asimis iste, et sihi pestifer et aliis midtis, Venusiam uictus fugit (f. 188), Il s'indigne de ren-