Les notes de P. portent sur II, 83 et
3. Fam. XI, 7. P. était alors à Plaisance et revenait à Avignon. La même date peut être assignée avec vraisemblance aux scholies de ce passage. Rappel de l'événement dans Rein, l, 88, et II, 91.
4. II, 51. Le texte du ms. porte: Oualis est Urhis Qimpanie tractus.
5. XV, I. Le texte porte : Intra quadringenta passas ; mais P. a deviné la bonne leçon.
6. Et Verûua est ajouté après coup. On sait que Pergamiim désigne Bergame.
2, 18) : Hi maie ukierent Bahilone ; cl, de peur que la note ne soit pas assez claire pour un futur lecteur, il ajoute un peu plus tard, après Bahilone : occidua, ici Aiiinione. Voici enfin, f. 56, de son écriture de vieillesse, un souvenir de la campagne d' Arqua ' : Vicinus meus Eiiganeus mirabilior qui carpeuta humero portai et houes, non senex tantum sed decrepitus. On sent partout, dans ces notes familières, que ce grand homme, qu'on croit « livresque », regarde curieusement la vie.
QjLiintilien a été acquis par Pétrarque la même année que Pline et pendant le môme séjour en Italie. Le manuscrit apprend non seulement la façon dont il a lu les Institutiones, mais encore quelles parties il en a eues entre les mains. On sait que le texte complet fut découvert par Poggio, en 1416, pendant le concile de Constance, et que l'heureux chercheur en trouva presque en même temps deux exemplaires^ ; on sait moins que, sept ans plus tard, l'archevêque de Milan, Bartolommeo Capra, en retrouvait un autre qui avait peut-être été rapporté de France, vers 1396, par Andreolo Arese^ Mais l'histoire de Quintilien pendant la Renaissance commence bien avant ces découvertes. Si rien ne prouve que Boccace l'ait possédé ^ du moins Pétrarque
1. Rapproché des exemples de force extraordinaire cités par Pline, VII, 19.
2. V. Sabbadini, dans Riv. di Jilol. dass., t. XX, p. 307 sqq. {Due qiicst. stor. cri t. su Ouintiliand).
3. Le texte de Capra, écrivant à L. Bruni, désigne formellement un Quintilien, non abolitîis, non concisus, sed integer et perfectns. Novati l'a rapproché d'une lettre de Salutati à Jean de Montreuil, de 1396, où on lit : Audio, nescio tamen si uerum est, quod A. de Arisiis, cancellarius domini ducis Mediolani, qui moram in Gallia continuam trahit, repperit totum Ouintilianum De Institiitione oratoria, quem hahemus admodum diminutum. (V. la lettre de Salutati publiée par A. Thomas, De loannis de Monsterolio uita et op., Paris, 1883, p. m, et par Novati, Epistolario di Coluccio Salutati, t. III, p. 146).
4. Je sais que je contredis ici Hortis (p. 453); mais des deux seuls texte des Quintilien, vaguement cités par Boccace qu'il allègue, l'un ne se retrouve pas
et Salutati en ont, au xiv^ siècle, étudié un texte fragmentaire.
Quand le poète le rencontra pour la première fois, il adressa au contemporain de Domitien une épître, datée du 7 décembre 1350, qui témoigne de son heureuse surprise et dont certains passages font connaître où et en quel état fut acquis son manuscrit: OJiin tuum nomen audieram et de ttio aliqiiid léger am^ et mirahar unde tihi nomen acuminis. Sero ingenium tuiim noiii : Oratoriarum Institutionum liber heu ! discerptiis et lacer uenit ad manus meas... Diii tuis in rébus erraueraui : errori finem adiienisse gratulor. Vidiformosi corporis artus effusos ; admiratio animum dolorque concussit. Et fartasse mine apud aliquem totus es, et apud talent forsitan qui sumn hospitem babet incognitum ! Quisquis in te reperiendo fortunatior fuerit, sciât se rem magni pretii possidere quamque si nouerit primas inter diuitias locet... Opto te incolumem uidere et, sicubi totus est, oro ne diutius me lateas \ L'allusion initiale, sur un ouvrage de l'auteur que Pétrarque a connu avant les Institutiones Ql qu'il trouve médiocre, s'applique évidemment à celui qui est désigné plus loin: [Liber] quem de causis edidisti\ Les critiques y ont vu jusqu'à présent le dialogue De causis cornptae eloquentiae, attribué parfois à Quintilien, et en ont conclu que Pétrarque avait lu ce célèbre opuscule'. Mais
dans les Instilntioiies, l'autre semble emprunté au De uita solltaria de P. (v. plus bas, p. 92, n. 2). Il est vraisemblable pourtant que Boccace a au moins parcouru l'ouvrage.
1. Valc. Apud siiperos, inter dextrum Apennini latus et dextram Ami ripam, iiitra ipsos patriae meaemuros [Arezzo], uhi primum mihi coepttis es nosci, eoque ipso VII° idus decenihris, anno Eius quem doininus tiius persequi maluit quant nosse MCCCL {Fam. XXIV, 7 ; texte du Par. 8568).
2. L'ouvrage est jugé en ces termes : Idcirco non periit, ut cou star et aetatem nostram optimarum rerum praecipue negligentem, mediocrium non ita...
3. C'est notamment l'opinion de Hortis, p. 453-454. En réalité, le Dialogue des orateurs n'a été connu qu'au xve s. (Cf. Voigt, Die JViederbeleh. 5, t. I, p. 254 ou la préface à l'éd. Michaelis, p, xix sqq.)
c'est lui faire injure que de croire qu'il aurait pu parler avec tant de mépris d'un tel livre, dont l'intérêt historique tout au moins eût été si propre à frapper son esprit. L'explication est plus simple: il s'agit certainement des Déclamations de Qjuintilien, indigeste recueil pour lequel le jugement de Pétrarque n'a rien de surprenant. La désignation qu'il en donne se justifie très bien, car il a dû rencontrer un manuscrit de cet ouvrage sous le titre De ciiiilibus causis\
La même lettre offre un double exemple des erreurs qu'il pouvait commettre sur les écrivains anciens. En un passage où il s'essaie à un parallèle littéraire dans le goût classique, il regrette que Quintilien ait attaqué le style de Sénèque et se l'explique par une rivalité entre les deux auteurs. Cette rivalité, [ que la chronologie rend pour nous impossible, il en trouve la preuve dans un morceau où Sénèque, à son tour, traiterait Quintilien avec le plus grand mépris (contemptissimé) et comme étant déjà mort à ses yeux : lUe antem, dit Pétrarque, te iiiter eos numerat quorum cum ipsis fama sepiilta est, cum necdum tua fama sepiilta sit, nec tu illo scribente aut sepuUiis esses ant mortuus\ Or le texte invoqué n'est pas de Sénèque le philosophe, mais de Sénèque le rhéteur ^ et il ne vise pas notre Quintilien, mais un rhéteur du même nom, qui était mort effectivement à l'époque où le premier Sénèque écrivait. Ces confusions étaient faites, on l'avouera, pour embarrasser notre humaniste.
1. Je peux, en effet, en indiquer un du xive siècle (ex-libris détruit daté de 1370), le Par. 7801, où le titre des Dedaniationes se présente sous cette forme singulière : Instituciomnn oratorianim sine declamaciomim seu de ciiiilihiis causis incipit.
2. P. fait d'autres allusions à cette rivalité, dont la pensée lui est pénible. V. par ex. -.Fam. XXI, 15, et à la fin du De ignorantia : lani Anuaei Senecae in Oiiintilianiini atque in Senecam Ouintiliani detractio nota est ; erantque anibo uiri egr-gii, ambû Hispani ; mutnis tamen morsibus sese carpuut atque al ter alterius stiluin damnât. Mirum prorsus in tantis ingeniis! (Op. 1059; éd. Capelli, p. 93).