‹ Pétrarque et l'humanismeChapitre 229 sur 353 · Fam. III · texte numérisé non relu

Fam. III

5. On a vu, t. I, p. 197, comment P. cherchait à expliquer que Virgile n'eût pas rendu hommage à Homère, a qui il devait tant.

P. DE XoLHAC. — Pétrarque. 9

succédé chez Pétrarque un extrême enthousiasme pour le vieux poète de qui le monde latin avait perdu l'œuvre \ mais dont le nom restait encore assez grand pour représenter un art tout entier; ces divers sentiments sont marqués dans sa dernière églogue, où Virgile est désigné sous le nom de Parthenias :

Ecce peregrinis generosus pastor ah oris, Nescio qua de iialle catiens, nec murmure nostro Percussit flexitque animum. . .

Ouo viihi Parthenias hiheret de fonte notaui ; Nec minus est ideo cultus mihi, magnus uterque Dignus uterque coli -.

Platon lui semblait tenir dans la philosophie le même rang qu'Homère dans la poésie ; il avait remarqué un texte, Panactii uerhum a Tullio relatum, qui Homeriim phUosophorum illum notât, quod nihil est aliud quam philo soph or umprincipem ac talent inter eos qiialis inter poetas est Homerus. Alioquin quid de ipso Tidlio dicemus, qui in epistolis ad Atticum quodam loco Platonem siium deum uocat? Omnibus quidem modis id agunt, ut Platonis diuinitatem ingenii attribuant; hinc et Homeri et, quod est expressius, dei nonienK Ne pouvant songer à étudier

1. Sur Homère au Moyen Age on peut consulter, mais avec grande prudence sur les détails, A. Joly, Benoit de Sainte-More et le roman de Troie, dans Mém. de la Société des Antiquaires de Normandie, t. XXVII, Paris, 1869 (notre Par. 7880 est mentionné p. 641 n., très ineKactement). Sur la légende de Troie en Italie, telle qu'on la connaissait autour de P., v. le livre de Gorra, Turin, 1887, et les articles de Morf dans Romania, t. XXI (1892).

2. Ed. I, 19 sqq. (Op. II, p. 8), Lire toute la pièce et notamment les vers :

Hi Romam Troiamque canunt et praelia regum... Dans la clef des églogues de P. publiée aux Scritti ineditidi F. P., p. 359, Homère n'est pas nommé. Dans l'explication de l'églogue I fournie par Fam. X, 4, on lit : « Generosi » sane pastoris epithetum iure occupet : quid enim uel lingua, uel ingenio generosius Homeri? « Nescio •>•> auteni « qua de ualle » ideo est additum, quia de loco originis eius opiniones uariae sunt... Postremo a de fonte » Homerico « hibere » Virgi' lium omnibus est notum qui inpoeticis exercentur.

3. Fam. IV, 15. Compléter avec ce qui sera dit plus loin, pour Platon et pour Homère.

la littérature grecque, Pétrarque borna ses désirs à connaître quelque chose du plus grand poète et du plus grand philosophe dont la renommée lui fût parvenue. Tant qu'il ne put rien lire d'eux, il les cita de seconde main, ornant au moins ses ouvrages de leurs noms illustres. Assez tôt, comme on le verra, il étudia le Timée avec l'aide de Chalcidius ; pour Homère, il dut se contenter longtemps de juger ses œuvres par les Periochae attribuées à Ausone ' et par le pauvre abrégé de Ylliade, désigné sous le nom de Pindarus Thehanus ou Homerus latinus. Les manuscrits qu'il avait vus de ce dernier ouvrage étaient de ceux qui portent simplement le nom d'Homère^; mais, disait-il, lihellus tiius uulgo qui tuus fertur, et si cuius sit non constet, tibi excerptus tibique inscriptus, tuus iitique non est\ Faute de mieux, il avait recueilli pieusement ces souvenirs défigurés d'Homère et de Platon ^.

Il fit plus; il fut, en Occident, le premier bibliophile à rechercher des manuscrits grecs \ et tint à posséder les œuvres célèbres qu'il ne pouvait lire. Il demanda à Constantinople Hésiode et Euripide ^ plus tard encore Sophocle

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