Var. 25. Cf. Sen. XI, 9 {Op
2. P. a tenu apparemment bien moins de place dans la vie du moine calabrais. Il n'était aucunement vraisemblable que ce fût à lui que Barlaam eût adressé son traité grec De primatu Papae, dédié à un personnage nommé François. Outre qu'il semble singulier d'offrir à un ami un ouvrage qu'il ne peut lire, P. n'était désigné à aucun degré pour recevoir la dédicace d'un traité purement théologique. Pour peu que Barlaam eût fréquenté le poète à Avignon, il devait savoir que cet ordre de spéculations lui était absolument étranger et ne l'intéressait en aucune façon; lui-même était entré en relations avec beaucoup de prélats et de théologiens latins, parmi lesquels il est logique de chercher le dédicataire. Au reste, Lo Parce vient d'indiquer celui auquel il convient de penser, à l'exclusion de P. ; c'est Franccsco da Camerino, évéque de Vespro (Kertsch, en Crimée). P. e BarlamrK p. 14.
PÉTRARaUE ET LES AUTEURS GRECS I39
îibris tihi familiariter nota sunt, quitus auidissiyne nuper incuhiiisse diceris; Pétrarque répond : Incubueram, fateor, alacri spe magnoque desiderio^ sed peregrinae Ungtiae nouitas et jestinata pracceptoris absentia praeciderunt propositum meum. Ceterum ista quam memoras disciplina et ex scriptis tiiis et ex aliorum Pîatonicorum relatione notissima est\ Pétrarque ne dit pas ici, comme on Ta cru, que Barlaam lui a fait connaître les doctrines de Platon ; il indique même tout le contraire, puisqu'il mentionne ce qu'il en savait par les platoniciens latins, depuis longtemps entre ses mains.
Il avait compté sur ce praeceptor surtout pour apprendre la langue de Platon et le lire ensuite dans son texte. Son espoir fut déçu, mais il ne laissa pas de tirer quelque profit de sa rencontre. Barlaam était un des esprits les plus cultivés de son temps dans l'ordre philosophique; si tel platonicien de la Renaissance l'a accablé de son mépris % ce n'est pas que les principales œuvres de Platon lui fussent ignorées. Il les cite, en effet, en quelques passages de ses ouvrages, notamment dans cette Ethica secundum stoicos, qui semble d'un réel intérêt pour l'histoire des études philosophiques-. Il a pu traiter utilement avec Pétrarque certains points de la doctrine de Platon.
On a voulu même aller plus loin et soutenir que, de ces entretiens d'Avignon et peut-être de Vaucluse, serait sorti un essai de traduction partielle ou complète des dialogues que Pétrarque possédait dans son manuscrit grec et dont il