‹ Pétrarque et l'humanismeChapitre 236 sur 353 · Rail. I · texte numérisé non relu

Rail. I

2. Plato de amorihus suis etiam turpibus, quanqiiam uero philosopha niiUa libido non turpis et inconcessa sit {pace tanti niri dixerim), inidla licentitis scripsit qnam quitus Vlatonicum nomen suhscribendum essei. Scripsit tamen et, quod nollem, scripta extant, neque tant celebris famae notam, neque iudicium posteritatis eruhuit, curam hanc metumqtie omnem uincente impetu passionis animum urgentis stilique duîcedine caîaniiun excitantis ; quae ueî in turpi pudendaque matériel tanta illi est, ut Epicureis mugis quant Platonicis in rébus, quasi solis in luto, Platonici radios cernas ingenii (Rem. I, 69). On voit quels vers P. avait dans la pensée, par Sen. XV (XIV), 13 : Obsceno... stilo qualia sunt in Saturnalibus illa Platonica, quae maJlem tant us philosophus tacuisset (Op. 942).

3. Le passage suit une allusion à l'attaque de Boèce contre les poètes (cf. p. 107) : Qui quales essent, Plato ipsc declarauit in sua Rep. quando cos censuit urbe pellendos. Ut enim constet non de omnibus eum sensisse, sed de scaenicis tantuni, ipsiiis Platonis ratio audienda est ab Augustino posita, qua silicet ludos scaenicos indignos deorutn maiestate ac bonitate censebat, inquo multos sui temporis notauit eius generis poetas... Id tamen Platonis iudicium, non modo heroicis atque aliis nil nocebat, imo uero multum proderat, quoniam, uelut excussor poeticam ingressus in areani, ualido uentilabro grana discrcuit a paleis (Contra ined. III, Op. 1 104).

philosophe '. Les manuscrits de sa bibHothèque font retrouver, à leur tour, les sources où il a puisé, et montrent que rarement il a laissé passer le nom de Platon dans ses lectures sans le signaler en marge \ Le volume reconnu à Paris en apprend davantage, et atteste les efforts qu'il a faits pour comprendre le Timée dans la traduction de Chalcidius et dans Chalcidius lui-même. L'étude de l'ouvrage, qui n'est pas toujours aisée, devient plus méritoire encore quand à l'obscurité du sujet se joignent, comme dans ce manuscrit, les difficultés d'un texte assez défectueux.

Pétrarque ne cite pas, en général, les titres de dialogues de Platon qu'il connaissait de seconde main. Il nomme au contraire assez souvent celui qu'il a pu étudier : quand il dit InPlatonis Timaeo iniienies, il renvoie son lecteur à un ouvrage précis, qu'on peut consulter comme lui \ Il a, lui-même,

1. Ce travail est dans Rer. niem. I, 2 (Op. 400-402), et il faut y ajouter encore Rer. vieni. II, 2 (Op. 413). Les sources de la grande compilation de P. ont été relevées par Baeumker, dans le programme de Munster cité ; ce sont, avec le livre spécial d'Apulée : Cicéron, De fin. V, Tiisc. I, De diiiin. l, Sénèque, De hr. uit. 10, Epist. 58, Valère-Maxime, Macrobe, Connu. I, Aulu-Gelle, A^. A. XIV, S. Augustin, Doctr. christ. II, C. D. VIII, Conf. III et VIL Je ne citerai qu'un passage, qui suggère à Cochin une observation morale intéressante : Finis quidem îiitae, quia studionun Platonis fidelissimiis testis erit, non est praetermittendus. Sub capite morientis Sophronis minos [texte du Par. 6069 T, f. 8', conforme à Valère- Maxime, VIII, 7, 3, source de P. -Ed. Stephanionis numéros'] constat inuentos, ut non minus uere de doc quant de Carneade dici possit [V.-M., VIII, 7 5], quod unus f lier it et philosophandi finis et uiuendi. Ces derniers mots se retrouvent presque textuellement dans une phrase de P. sur lui-même, citée ici, t. I, p. 87, n. i (cf. Fam. VI, 3) ; il semble donc que c'est sur l'exemple de Platon qu'il s'était formé l'image de sa propre mort.

2. V. l'index au nom de Platon. Même dans son ms. de Josèphe, f. 180' (Contra A pionem, II, 31), P. a mis en marge : Platonis excellentia.

3. V. plus loin. Secr. III, Op. 367; De ignor., Op. 1048 (avec Chalcidius), IC52 (id.) ; Contra med., Op. 1103 ; Vit. sol. I, 4, 10, Op. 240 ; II, 8, 4, Op. 282 ; Fam. III, 18 : Platonis Timaeus Solonis mihi commendauit ingenimn; Rer. niem. I, 2 (Op. 405 ; chap. sur Solon); II, 2 (Op. 415 ; Chalcidius seul). Un seul de ces passages est connu de Baeumker (p. 18) et Koerting n'en a remarqué aucun.

P. DE NoLHAC. — Pétrarque. lO

fort annoté son exemplaire et en a fait autant ipouvVExpositio, sauf pour la partie mathématique et astronomique qui remplit le premier livre ; au second livre, bien que la partie philosophique de l'ouvrage l'intéresse de préférence, il montre cependant de la curiosité pour les rêveries du néoplatonicien sur la vie des étoiles et sur l'essence des anges et des démons '. En général, les auteurs grecs que le commentateur extrait ou cite ont leur nom porté en marge. Voici quelques notes dont les trois premières se rapportent à Tint. 20 a, 24 e et 29 e, les autres à Chalcidius : F. 2 (trad. : Timeus isteex Locris, queurhium Italieflosest), Non nid er as alias ^ 0 Plato! F. 3 (sur l'Atlantide), Prorsum mirabilis in sula, de qiia alibi qiiod memineram non legi. F. 4' , Que ratio Deum mouit ad mundi fabricant . \ Hinc Cicero in libro de essentia mtindi : Qiierimiis, inqiiit, causam que enm impulerit . . . [transcription d'un passage du Timée cicéronien, 3] ^ F. 34', De bis septem motîhus attigit Quintiliamis in Inst. oratoria, c. de pronimtiatione ultra médium. F. 35', Allegoria principii Homeri. — Elegantissime de Stella magorum. — In Bethléem ad presepem Dominicum. F. 37', Hoc satis pie credo in sua mater ia dici posse de Christo. F. 38, Precedit prudentia. sequitur jatum secundum Platonem. F. 39, Principia rerum in natura^ exitus autem esse in potestate jactorum. F. 39', Pro mathematicis, contra qiios est totusfere liber 2 de diuinatione \ F. 40, De Fortuna et casu. F. 40', Argumenta contra Platonem circa premissas opiniones. — Responsio ad argumenta. — Melius soluitur et de hac tôt a materia melius agitur et certius in j de consolatione et in 4 per Boetiiim. F. 41, Preclare

1. F. 36'-37 : Niuuenis devioîiiim secundum Hesiodiim. — Falsissiiua opiiiio de deiiioiiihiis. — Empedodes, cni in parte iiidetur consentire Virgilius 6 Eneid.

2. P. ne semble pas avoir remarqué que les fragments de Cicéron qu'il lisait sous le titre de De essentia nmndi(y. t. I, p. 251) étaient tirés d'un texte semblable à celui qu'avait traduit Chalcidius.

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