Sine Ht. 7, 8, 15 {Op
2. Virgile, Ed. X, 29. Le passage visé se rapporte à l'amour d'une fille du roi des Éthiopiens pour Moïse {Ant. II, 10, 2); la traduction emploie les mots : In amorem eius lapsa crudeliter. P. n'a pas tenu compte de cette anecdote dans sa vie de Moïse.
3. La première annotation n'avait mis qu'un sommaire : Neque Herodottis, neque Tuchidides de Roma mentionem facitini.
tirés pour en orner ses propres ouvrages ; il a pu connaître par exemple, les fragments de Bérose et de Manéthon par leur insertion dans le texte de Josèphe. Les sommaires marginaux multipliés aux passages qui intéressent la philosophie et l'histoire nous révèlent une de ses grandes sources d'information sur l'Antiquité grecque et orientale.
Un autre ouvrage grec qui lui a été utile, surtout au point de vue des notions chronologiques, est la Chronique d'Eusèbe traduite par S. Jérôme, qu'il cite quelquefois avec la simple indication Liber de temporibus. Il possédait enfin, toujours en traduction, un opuscule de S. Athanase, deux traités de S. Jean Chrysostome et une vie de Saint Clément pape. Voilà toute la littérature grecque existant chez Pétrarque. Ce serait, en vérité, bien misérable, s'il n'était parvenu à y ajouter cette traduction d'Homère, dont l'histoire est le premier épisode de la renaissance des études grecques en Occident '.
Dans l'hiver de 1358-49, pendant un séjour à Padoue, Pétrarque fait la connaissance d'une sorte d'aventurier à demi lettré, qui cherchait à cacher son origine calabraise en se faisant passer pour grec, et se nommait Léon ou Léonce Pilate (riiXaTcç). Il se disait élève de Barlaam ' et parlait le grec comme lui ; notre poète vit donc une fortune inattendue dans cette rencontre et saisit l'occasion de se faire traduire quelques passages de son manuscrit
1. Elle est racontée dans les pages qui suivent, avec toute la précision, je crois, que comportent les documents, et plus exactement que ne l'ont fait les narrateurs antérieurs, à commencer par l'auteur du travail inséré dans la Rei'iie de philologie de 1887
2. Dicehat enim Leontiiis a Barlaam Calahro preceptore suo et ah aliis eruâitis uiris in talibus audisse sepitis... (BoccD.ce, Geneal. deor., XIV, 8. Cf. XV, 6: Barlaae auditorenï). Hecker, Boccaccio-Funde, p. 213. P. l'appelle Léo ou Léon plutôt que Leontitis.
d'Homère : Qiwddam breiie, écrira-t-tl plus tard, iibi Honieri principiuin Léo idem lathiisiierhis olim mihi quasi totiiis operis gustiun ohtulit, etsi Hieronymi sententiam faiieat ', placet tamen; babet enim et siiam delectationem abditam ^ Il ne dit pas avoir essayé de reprendre à ce moment de nouvelles leçons de grec ' ; peut-être en fut-il découragé par le caractère de Pilate, qu'on s'accorde à représenter comme d'humeur inquiète et grossière ^. Il ne perdit pas grand'chose: les témoignages qu'on trouvera plus loin et les nombreuses allusions des œuvres de Boccace font juger de l'insuffisance de l'enseignement que pouvait donner le Calabrais K
Boccace, au contraire, ne tarda pas à devenir son écolier. Il avait rendu visite à Pétrarque à Milan au mois de mars 1359^ ; c'est alors, sans aucun doute, que celui-ci parla de Pilate et suggéra à son ami l'idée d'utiliser ses talents. Il s'agissait avant tout pour Pétrarque d'obtenir la traduction complète d'Homère qu'il rêvait depuis longtemps ; le Florentin ne la désirait guère moins, et pouvait, en outre, compléter avec un maître sa connaissance de la langue