Fam. XI
4. Rem. II, pr. Un nis. rongé dès le temps de P. est le Par. 6280.
amis de sa pensée avaient vieilli, comme les vivants, et il avait quelque peine à les reconnaître après une séparation si longue, une vie si agitée et si diverse : « En rentrant dans ma bibliothèque, je me sentais presque un étranger, non seulement parmi mes Anciens, mais encore devant mes propres ouvrages; il me fallait un certain temps et un certain effort pour m'y retrouver de nouveau familier '. » Il ne tardait pas d'ailleurs à y amener des hôtes nouveaux ; il recommençait ses recherches à Avignon, et avait la bonne fortune, dès 13 51, au moment où il reprenait la composition de ses ouvrages sur l'histoire romaine, de mettre la main sur le Tite-Live qui avait servi jadis à ses premières études -.
A l'automne de 1332, il fait ses préparatifs de départ. C'est un déménagement sérieux qu'il s'agit d'accomplir et un grand triage à faire dans sa bibliothèque. Pétrarque laisse quelques volumes, une trentaine environ ' ; il veut trouver de quoi s'occuper à Vaucluse, quand il y reviendra, comme il compte le faire quelquefois. Il choisit aussi les papiers qu'il veut emporter. Il en a une quantité énorme : matériaux de livres à écrire, brouillons de vers italiens, qu'il classera plus tard à Padoue, minutes de lettres, dont une partie aura place un jour dans les premiers livres des FaimUares, correspondance d'amis qu'il garde affectueusement, mais dont il devra se résigner à perdre quelque chose à chaque changement de résidence-^. Enfin la maison est en ordre, tout est prêt, et la cavalcade prend la route de Gênes.