Lqs explicit-iticipit sont dans tout le ms
PETRARQUE ET LES AUTEURS GRECS lyi
XVIII, f. 135. XIX, f. 141'. XX, f. 131. XXI, f. 157. XXII, f. 163'. XXIII, f. 172. XXIV, f. 177.
Que dire de la valeur intrinsèque de la traduction, due à un homme qui comprenait mal Homère et écrivait en latin plus mal encore? On connaît suffisamment le travail de Léon Pilate par le premier chant de chaque poème, qui a été publié intégralement ': on sait que les contresens en aggravent la platitude, et on devine que, si l'auteur a adopté le système de traduction ad îierbiun, que déconseillait Pétrarque, c'est qu'il était trop ignorant pour en suivre un autre/. Mais il ne faut pas oublier que cette œuvre informe
1. Hortis, SttidJ, p. 542-575. Le texte de Paris y est accompagné des variantes de deux mss. de Florence: pour l'Iliade, un Magliabecch., qui paraît être le ms. de L1 Badia dont Baldelli a cité 22 vers (Vita del Boccacci, p. 264); pour VOdyssée, \(ù Lmir. XXXIV, 45. — Hortis (p. 568) et Voigt (II, p. 112) rappellent les auteurs qui ont publié des fragments de ces traductions. A son tour, Emile Legrand a inséré dans sa précieuse BiUiographie Hellénique (Pav\s, 1885, t. II, p. 417) le début de notre Odyssée comme appartenant à une traduction de Manuel Chrysoloras. Il a été induit en erreur par les conclusions de H. F, Haase (Breslau, 1862) et de J. Rieckher (Heilbronn, 1864), trompés de leur côté par une mauvaise tradition manuscrite dont Hodius avait déjà fait justice (De Graecis illustr., Londres, 1742, p. 10). L'exact Sabbadini lui-même parlait encore d'une traduction due à l'illustre professeur grec, que Pier Paolo Vergerio aurait étudéie en 1400, dans un ms. prêté par Palla Strozzi (Giorn. stor., t. V, p. 149). Insistons donc sur cette rectification : Chrysoloras n\i jamais traduit VOdyssée.
2. du'on veuille bien rapprocher le grec (//. III, 181-190 : '12; cpàto.,.) de la traduction suivante (f. 27) :
[181] Sic fa ta. Nunc aiitem laudaiiit, uocauit :
O béate Atride, midtariim generationum diues et prosper, Vere iatn multi ornati fiiertint iuuenes Greconrui, lam et Frigiam uenerunt uineosam.
[185] Ouando uidi militas Frigiosuiros uarios,
Populos Othrios et Migdonos deo similis. Oui iatn tum exercitus erat pênes litus. Etenim ego belUcosiis exislens cum istis electus fui Die tali, quando uenerunt Amazones uiceuiri,
[190] Sed ne isti tôt erant quot attentiuos oculos habentes Achiui.
Voici maintenant, à titre de spécimen, les notes originales de P. ajoutées à ce misérable latin. :
PETRARdUE ET LES AUTEURS GRECS
a été, faute de mieux, une révélation précieuse pour les vieux maîtres de la Renaissance, et que c'est dans ce terne miroir que sont apparues, pour la première fois, aux humanistes les grandes lignes de l'épopée homérique.
Il semblerait cependant, à parcourir les marges annotées par Pétrarque, qu'il ait existé, dans le même temps, une autre traduction de Vlliade. En un très grand nombre de passages, il cite, avec l'indication alias, des mots, des vers entiers ou des séries de vers qui appartiennent à un travail assez différent '. En voici trois exemples empruntés au discours de Nestor du chant IT (f. 15-15') ':
[Texte] [Marge]
[Texte]
[Marge]
[Texte]
[Marge]
Sic enim uerhis litigemus, neque fnndum Inuenire pohiinius multum amiuin hic existentes. Alias. Vane autem uerhis litigamiis, non aiitem fincm Inuenire possmnus multo tempore h e. [sic"].
For enim et annuere magnum Sahirniniim, Die hoc quando a nauibus cito transeuntihus descendehant. Alias. Fateor annuisse alte potentie Saturiiium, Die illo quando naiies ueloces ascendebant.
Et si is bonus non erit, et per ipsos piignent. Alias. Et quis bonus, secundum ipsos iani pugnabunt.
L'existence de cette traduction est confirmée par deux scholies :
F. 9, I, 547 (paroles de Zeus à Héré) :
'AXX' 6v [j.£v a' èTristxèç à/.oustxsv...
i?)i[laudaui] AV. admiratus est clamauitque. Glosa ucrbi huius: obstupuit, gauisus est, exultauit, miratus est, iratus inuidit, mutatus est. Et hanc uini uocabuli huius esse in greco Léo aiebat. — 185 [uarios] Vel ornatos — 186 AV. Otrii et Migdonii. — 187 [bellicosus] bello habilis per etatem — 190 [la copie avait Achiuos; on a remplacé au moyen d'un grattage os par /] quos nunc uideo.