‹ Pétrarque et l'humanismeChapitre 255 sur 353 · L'autographe porte glosa minus · texte numérisé non relu

L'autographe porte glosa minus

5. Cf. f. 48 : Pace Leonis, non est ut ipse nuit ciuifas pênes Alpheum iiel Pisa, sed Corinlbus ; f. 84 : Historiam banc scrihit hic Léon, sed clara est in textu ; f. 142 (^i)i studio) : Manuali pugna dicit Léon ; ego in cursn puto nielius.

eo (juaii iiil possmii contra nos operari. Dicil Léon. Tu die : Vesira sed paiientia et hortatu ' .

Voici un choix des scholies de Pétrarque, qui peuvent se classer ici en observations littéraires, mythologiques et morales ^

Les premières sont relativement rares et montrent le plus souvent que Pétrarque, trompé par la traduction ou étranger aux habitudes homériques, ne comprend pas bien le texte qu'il annote. F. 107 de Ylliade, à propos d'un discours de Nestor, à la fin du chapitre XI, il s'impatiente : Seniim more loquacior longam historiam incipit et perplexam satis, et nescio an huic tempori accommodam. F. i de Y Odyssée, on le voit, scandalisé des mots immaculati Egisti, mettre en marge en songeant aux crimes de l'amant de Clytemnestre : Epithetiim inconueniens Egisto, nisi affectus loquentis excuset ; il n'a pas deviné que son traducteur rendait une simple formule épique (à;j/J;xcvo; AIyictOclo, I, 29). 11 ne se fait, d'ailleurs, aucune illusion sur la valeur du travail qu'il a sous les yeux ; la première scholie sur Ylliade nous l'apprend : Pro excusatione Leonis nostri qualis qiialis înterpretis, libet premittere uerha leronimi ex prohemio libri deTemporibns : Si cui, inquit, non uidetur lingue gratiammterpretatione mutari, Homerum ad uerbmn exprimat in latimun, plus aliqiiid dicam, eiimdem in sua lingua prose uerbis interpretetiir\

1. Cf. f. 9', 10, 21, etc. : Dicil Léon... Mcliiis auteni... ; Léo exponit... Tu vieliiis..,

2. Il faut y joindre les éclaircissements sur les lieux et les personnages du poème, pour lesquels P. se sert de Dictys, de Darès, de Servius, des renseignements de Léon Pilate, etc. Le premier est au vers ii de V Iliade: Crises hic, iit Greci perbibent, Trax fuit ex insula Phoca, quant ad Troiam pergentes Greci eo qtiod Troianis faueret occupa runt, et diripientes hostiliter in ter cetera Cri sis huius filiam abstulerunt, quant nunc pater supplex repetit. On voit quel dépouillement il y aurait à exécuter dans cette masse de scholies de toute provenance; je n'ai d'autre but que d'y orienter le lecteur et d'en tirer les renseignements généraux nécessaires à mon sujet.

P. DE NoLHAC. — Pétrarque. 12

uidebit ordinem ridiculum et poetam eloquentissimum iiix Joqiientein \

Au point de vue mythologique, on doit observer d'abord que Pétrarque porte, dans l'appréciation des légendes d'Homère, toutes ses préoccupations de fervent chrétien. En voici deux exemples de ton différent, mais également significatifs : F. 4, I, 222 [ow^xaT' £ç 2V(6yoio Aibç ;x£Tà oaf;j,ovaç aAAO'jç],

le traducteur donne une version singulière à plus d'un titre : Ad domos capram lactantis louis aim dcmonihus aJiis ; Pétrarque ajoute une réflexion plus singulière encore : Omnes dei gentium denionia ^ . Notanda confessio testis buiiis antiqiiissimi et niaximi. F. T35, XIV, 315 sqq., au passage où Zeus fait l'énumération de ses amours, il annote ironiquQmenl : Libidines louis multe. Pidcer deus insanorum miserorum !

Les connaissances mythologiques de Pétrarque, telles qu'on les trouve éparses ici, méritent d'être rapprochées de celles qui sont méthodiquement exposées dans les Genealogiae deorum de Boccace. On est surpris, au premier abord, de voir les deux grands humanistes s'occuper avec tant de soin, pendant les dernières années de leur vie, d'études de ce genre \ Mais ils croyaient trouver l'un et l'autre un avantage sérieux à rechercher dans le détail les mythes des anciens, pour les dépouiller de leur sens vulgaire et en faire sortir l'enseignement caché. Comme pour Boccace, avec qui il avait dû en causer plus d'une fois, les mythes, aux yeux de Pétrarque, sont

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