Cf. plus haut, p
2. Cf. f. 9 et De otio rel. I: Etsl eniiu uenmi sit qiiod propheta iUe maximus ait : Omnes dei gentium daemoiiia[Psalin. 95, 5]; tamen illiid subi nteUigi oport ère arbitror, uel homines daemoniis seruientes atqiie sitnillimi, qiiod apud eonim qtioque cultures suarumqiie scriptores reriim facile uigilans Icctor inueniet ; apud nostros turc non dubium et quidem atqne in primis Lactantium... (Op. 302).
3. Le traité de Boccace, excellemment analysé par Hortis, a été commencé par l'auteur d'assez bonne heure ; mais P. n'a pu s'en servir (v. plus haut, p. 44, n.2).
susceptibles d'interprétations diverses ; on les peut expliquer tantôt par le « sens naturel » , qui se rapporte aux phénomènes de la nature extérieure, tantôt par le « sens moral » ou allégorique, qui rend compte des abstractions psychologiques ou religieuses voilées par la fable, tantôt par le « sens historique » qui correspond à ce qu'on a appelé depuis l'Evhémérisme. De ces trois sortes d'interprétation les premiers humanistes trouvaient des exemples dans les auteurs païens ou chrétiens de l'Antiquité latine, et ils se servaient indifféremment de l'une ou de l'autre, pourvu qu'elle expliquât le mythe en quelque partie. Tout le travail compliqué que Pétrarque avait tenté pour Virgile, il le recommençait dans un bien plus grand détail pour Homère '. Voici des exemples de chacun des trois « sens », pris parmi les nombreuses scholies de ce genre que renferme notre Iliade:
F. 65', sur Vil, 272 (tov 0 al'V wpOwŒEv 'Attôaaojv, Hune autem cito direxit ApoUd) : Quod hic de Appoline dicitur, quidam sic accipiunt ut, uergentead occasum sole et radiis Aiacis ocidos ferientihus, casum Hectoris non uidens, spatium illi dederit resurgendi. Alii autem Hectorem iu ortu solem hahuisse ita dispositum, ut ex in constellationis nwri tune non posset. Astrologoruni nuge ueteres. — F. 45', sur V, 392 sqq. : Hercules audiens ab Euristbeo, iuiplacahili fatigatore suo, quod luno esset sihi onmium lahorunt causa uel fuisset, sumpto areu illam uidnerauit. Hoc morale uolunt esse figmentum, quod iiir fortis et sapiens régna eontemnit que per lunonem significantur , memorque laborum pro rébus pereuniibus susceptorum, in illas arcum rigide cogitationis intendit ac dirigit cuspidem rationis \ — F. 4^', sur V, 385 sqq. : Ferunt esse
1. Et quod de Virgilio dixi, de Hoinero dixerim ; iino enini aille gradiuntui' aeqiiis passihus {Sen. IV, 5 ; Op. 786). Cf. t. I, p. 30 sqq.
2. Cf. le sens donné au ceste de Vénus, f. 133, XIV, 214 {A peclorihus solnit ceston cingidiiui) : Nomen est cingidi uenerel animos stringeiitis.
l80 PÉTRARQUE ET LES AUTEURS GRECS
banc historicam fictionem, qtiod scUicet isti duo fortissimiim et belJiscosnm qiiemdam suiun hostem ui captiunin carcere jerreo xiijmensibus tenuerunt, ideoque dicti sunt Martem ligasse ; qiiod cum faina ac sermonibiis hominum qui in aère fiiint ideoque per luuone fieri dicuntur \ uulgatum esset, quidam iiir sapientissimus atqiie eloquentissimus eum liberauit, et ideo dictus est eiim libérasse Mercuriiis ^
Beaucoup de ces scholies, mais non toutes, sont empruntées à des notes rédigées par Léon Pilate ou prises sous sa dictée. A côte de l'une d'elles, Pétrarque a mis, en retouchant le passagt '.Errauit hic modicuni Léo noster. Sa propre science mythologique finit par lui inspirer tant de confiance, qu'il en vient à discuter avec Cicéron lui-même. Sur XX, 234, il écrit, citant d'abord les Tusculanesi. 193' \Non ambrosia deos, aut nectare, aut imieutute ' pocula ministrante letari arbitror ; nec Homerum aiidio^ qui Ganimedeni a diis raptuni ait pr opter formant, ut loui bibere ministraret ; non iusta causa cur Laoïnedonti tanta fieret iniuria. Fingebat bec Homerus, et bumana ad deos transferebat ; dinina maJlem ad nos. Cicero TuscuL qnestionuni
1 . Junon est ici prise pour le symbole de l'air ; c'est un exemple du « sens naturel », figurant dans un mythe expliqué au « .sens historique ».
2. Même interprétation pour quelques mythes de Virgile. Voici pour le récit de la rébellion des vents contre Éole, au début de VÉiieide, les explications qu'essaye P. dans Soi. IV, 5 (Op. 786). Sens historique: il y a eu un Éole réel qui a régné sur les îles Éoliennes, voisines de la Sicile et fort exposées au vent ; ce roi savait reconnaître à l'aspect du ciel le déchaînement prochain des tempêtes et en prédire de même l'apaisement ; l'admiration du vulgaire le surnomma le roi des vents et les poètes, Homère à leur tête, développèrent cette légende. Sens allégorique : les vents sont les passions, les mouvements impétueux de la concupiscence et de la colère, qui se soulèvent en tempête au fond de notre cœur; Éole est la raison, dont la fonction est de les maîtriser ; les spehuicae atrae, où le poète les montre retenus, sont les parties intimes du corps, ubi secundiim Plutonicam dintensionem suis sedihus passiones habitant, pectus et ilia ; enfin la moles qui ferme les cavernes, c'est la tête, qiiam rationi sedem Plato idem statitil.