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5. II y a en cette scholie un notable pressentiment d'exactitude.
6. On peut remarquer, dans cette traduction, le que portant sur tout un groupe de mots.
7. Le grec porte 'Ay/tatxÔr]? 'E/ÉT^roXo; ; on voit la grossièreté des contresens.
8. On serait tenté d'y ajouter un mot de la citation de Chalcidius, f. i' : Egip-
(oàep èiJ.£To, leilir met) : daer, grece KkEP nirifrater. F. 190', XX, 53 (OÉojv ÏTzX KaAAtxoAwvY], currens per puknim lociini) : KAAAI- KOACOPI grece, pidcrum rus latine. Ces mots sont en onciale, caractère qui n'était pas tout à fait étranger à la plume de Pétrarque '. On ne peut croire qu'il les ait calligraphiés machinalement devant un modèle, comme tant de copistes du Moyen Age, et il faut conclure que son ignorance du grec n'allait point jusqu'à ne pas savoir l'écrire.
Les scholies de nos manuscrits font connaître assez bien ce que Pétrarque avait pu apprendre de grec. Il avait retenu quelques mots du vocabulaire, à grand' peine, parfois de travers, et, bien entendu, sans soupçonner la moindre différence entre la langue de Platon ou d'Homère et celle des
pHoriim prophète stellam quamdani . . . ucrenlur quain tioca n t AHC; porro sidus exoriens morbos popidonwi multorumqnc optimatiiini mortes denunciat. Homerus deniqiie, qui idemfuerit Egipttus,... id ipsum latenter seqiiUur in Yliadis exordio, cum dicit... Mais ce mot grec apparent n'est qu'une transcription de manuscrit. Le Par. 6280, que nous avons montré venir de P., porte ahc, f. 351 (comme l'édition de Meursius, Paris, 1617, p. 218); en y prenant le passage, P. a transcrit le mot en capitale latine, écriture dans laquelle son A a la forme A.
I. La Biblioth. de F. Orsini, p. 290. Le mot METEM^TIKOCIC [sic] est écrit avec les € et les C lunaires et la même forme de K que dans le manuscrit de Paris,, au f. 19' de l'autographe Vat. 3359 du De ignorantia, daté de 1370 (Op. 1048). Sur un mot grec dans le Par. 7448, v. plus haut, t. I,p. 249. Il n'y a qu'un petit nombre de mots grecs dans les œuvres imprimées de P. : De otio rel., I, Op. 307 (passage sur la métempsychose) ; Rer. vtem. III, Op. 447 (Ariston metron, quod latine sonat viodus optimus, texte du Par. 6069 T, f. 34); IV, Op. 470 (aeolico sermone Syhilla theosbcle [sic] dicitur, id est Dei consiliiim, texte du Par., f. 48); IV, Op. 483 (tj.àvt£i; et aav-'.xrj, d'après Cicéron) ; Fam.X, 3, à propos de l'émigration des âmes (famosa [xsTO'.xîaîa [sic] quam miror seqiii uel Pîatonem tiel Aristoteîem potuisse, sed magis mirer Origenon); Contra med. I, Op. i o<^o {Mer curium.., inde dictum uoîunt quod mercaturae •/.up'.o;, hoc est dominus, esse uidetur); III et IV, Op. iioi, iiio, 1115 (6£pa;:£UTurî). L'original de P. ne portait peut-être pas tous ces mots en caractères grecs. Les éditeurs les ont rétablis, comme ils ont fait pour le chapitre sur Pylade (Rer. ment. III, Op. 457), dont le grec manque au Par. 6069 T, f, 40. Remarquons deux mots grecs dans Vhuwctiua contre P. due à Jean de Hesdin (Op. 1060-61). Les exemples chez Boccace sont bien plus nombreux.
l88 PÉTRARQUE ET LES AUTEURS GRECS
Calabrais '. Il avait essayé de fixer les mots dans son esprit au moyen de l'étymologie ; mais les explications qu'il avait reçues lui venaient de maîtres tout à fait incompétents et plus capables de l'égarer que de le guider. Non seulement il n'est pas arrivé à connaître le grec, mais il est resté toute sa vie un Grains eleinentarius, et n'a même pas eu les notions générales qu'on a voulu lui reconnaître.
Boccace, sans être ce un grand Grec », comme disaient les Français de la Renaissance, a dépassé pourtant sur ce point celui qui, sur presque tous les autres, fut son maître. C'est que les moyens d'étudier ont été pour lui bien plus faciles, puisque, en dehors même de ce qu'il a pu apprendre en ses voyages à Naples, il a passé près de trois années à Florence en compagnie d'un homme parlant le grec. Pétrarque cependant doit garder sa place parmi les précurseurs de l'Hellénisme. 11 y a contribué par ses désirs et par ses efforts. S'il ne s'est pas instruit davantage, ce n'est pas la bonne volonté qui lui a manqué. Il est touchant de le voir commencer au milieu de sa vie, tel que le vieux Caton dont il évoquait lui-même le souvenir, l'étude d'une langue nouvelle, entièrement ignorée autour de lui. C'est surtout un mérite pour l'infatigable humaniste de s'être mis à la recherche d'une littérature oubliée et qu'il savait glorieuse ; on se rappellera toujours qu'il a remis Platon en honneur et qu'il a été le premier, parmi les hommes d'Occident, à connaître quelque chose d'Homère.
I. On trouve assez souvent dans nos scholies les formules /// greco sonat ou Greciis hahet. V. par ex. sur les v. i et 4 (^Iram cane dea) : Grecns habet iram coïh'ctam, quod apud nos odium sonat ; — (cadaiiera ordinauit canihus^ : Grecus hahet lacerata corpora uel discerpta [sXtopia]. C'est seulement par Pilate que P. a de telles notions sur la propriété des termes, et il se montre souvent plus mal renseigné que pour ces deux exemples.