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CHAPITRE IX

LES PÈRES DE l'ÉGLISE ET LES AUTEURS MODERNES CHEZ PÉTRARQUE

Ora la vita brève c 'loco e'I tempo Monstranmi altro sentier di gire al cielo, Edi far frutto, non pur fior'e frondi.

» (Sest. A la dolce omhra).

Il n'entre pas dans le plan de ce livre de rechercher tous les auteurs ecclésiastiques connus de Pétrarque, ni la manière dont il les a étudiés. Il y faudrait un travail spécial, moins étendu sans doute que celui-ci, mais déjà considérable '. Toutefois, la restitution de notre bibliothèque se présenterait avec une couleur inexacte, si les œuvres des Pères n'y tenaient une certaine place ; cette littérature même s'écarte moins qu'il ne semble de notre sujet, Pétrarque en ayant tiré une partie de ses connaissances sur l'Antiquité classique. N'en a-t-il pas trouvé un grand nombre dans les Institutions de Lactance ou la Cité de Dieu, par exemple? et de tels livres, sur bien des sujets essentiels, n'ont-ils pas inspiré ou dicté son jugement? Sans négliger ce point de vue, l'étude qui va suivre se bornera, autant que possible, à l'examen des volumes de notre collection qui n'ont pas encore été décrits.

On peut dire à coup sûr le moment où Pétrarque a commencé à réunir chez lui les Pères de l'Eglise. Après son pre-

I. Quelques éléments de cette étude peuvent être déjà recueillis ici, en se reportant à l'index des noms.

mier retour de France, pendant le séjour très long qu'il fit à Milan, à partir de 1353, il sentit se développer en lui le goût des a saintes lettres ». Legi quae delectabant lego quae prosint..., écrivait-il, iamque oratores mei fuerint Ambrosius, Augustimis, Hier ony mus et Gregorius, philosopJms meus Pauhis, poeta Dauid\ quem, ut nosti, multos ante annos prima ecloga Bucolici Carminis ita cum Homero Firgilioque composui, ut ibi quidem uictoria anceps sit^ ; hic uero, et si adhnc obsiet radicatae consuetiidinis iiis antiqua, dubiiim tamen in re, esse non sinit uictrix experientia atque oculis sese infundens fulgida ueritasK On a eu assez de preuves que Pétrarque n'abandonna point les auteurs profanes; mais, à partir de ce moment, il élargit son champ d'études et compléta ses lectures ^. Je croirais volontiers que beaucoup des développements tirés des Pères qui figurent dans ses œuvres antérieures y ont

1. Ce passage, ce qui est donné plus loin sur les Psaumes (p. 201), d'autres aveux encore qu'il serait aisé de recueillir dans P., n'infirment point ce qui a été dit plus haut (t. I, p. 211) de la poésie ecclésiastique; ils donnent au contraire, je crois, plus de relief à l'observation.

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