‹ Pétrarque et l'humanismeChapitre 265 sur 353 · Cf. Avena, // Bucolicum Carmen, Padoue, 1906, p · texte numérisé non relu

Cf. Avena, // Bucolicum Carmen, Padoue, 1906, p

Hic uniim canit ore Deuni, qiiem tiirha deorum Vida tremit, celiuii nutu qui temperaîalmum, etc.

3. Fam. XXII, 10. Cf. quelques citations, t. I, p. 59, tl Ep. ad post. (Sacris litteris delectatus, in qiiibus sensi dulcedinem ahditam, quant aliquando contempserafu...).

4. De la même lettre toute entière à lire : Neqiie ideo quia hos praetulerim, illos abiicio: quod sefecisse Hieronymus scribere potins quani sequenti stilo approhare uisus est niihi. E^o utrosque simul aniare posse uideor, modo quos in uerborum, quos in renini consilio praeferani non ignorent... Ad orationem, si res poscat, utar Marone uel Tullio, nec pudebit aGraeciamutuari si quid Latio déesse uidebitur; ad uitam uero, etsi nnilta apud illos utilia nouerim, utor tamen iis consultoribus atque iis ducibus ad salutein, quorum Jidei ac doctrinae nulla suspicio sit erroris Cf. Sine tit., ult. (Op. 734) : A^^ illis aures aut animum accomodes qui obtentu studii theologici te nituntur a notitia litterarum saeculariunt [éd. scholarium] dehorlari, qua, ut sileam reliquos, si Lactantius atque Augustinus caruissent, neque ille superstitiones paganorum tant facile subruisset, neque iste Ciuitatem Dei tanta arte tantisque molibus ere.dsset.

été introduits après coup et vers cette époque '. Il se mit à lire les Livres Saints, dont les citations abondent dans quelques travaux spéciaux % et dont il recueillit probablement quelques beaux manuscrits \ En tous cas, il est certain qu'il se procura à Milan, en partie à l'aide de la bibliothèque de l'église S. Ambrogio, un certain nombre de manuscrits d'auteurs ecclésiastiques ^.

On constate entre ses mains la présence de biographies édifiantes et de traités religieux, des œuvres de saint Augustin et de saint Jérôme, et de quelques-unes de saint Ambroise. Il a cité souvent ces trois Pères, surtout le premier, en qui il trouvait la culture classique la plus complète unie à la foi et mise au service de Tidée chrétienne et, par con-

1. Les œuvres des Pères grecs lui sont inconnues, saui deux traités indiqués par la note suivante. On lit dans Vit. soi., I, i, 2: Magnus ille Basiliiis lïbrum paruum de solitariae uitae laudihus inscripsit, de qiio praeter tittdum nihil teneo, et qiiod illtim in quihusdam iiestustissimis codicihiis, sic interdum Pelri Damiani opusciilis insertum uidi, ut duhiitm me feceritan Basiîii esset, an Pétri (Op. 226).

2. Dans le bref discours prononcé devant Jean le Bon, roi de France, P. n'a pas inséré moins de trente-sept citations de la Bible (M^Vw, divers présentés à VAcad. des Inscriptions., 2e série, t. III, p. 214 sqq.). P. cite plusieurs fois dans le De otio rel, et une fois dans Fmn. XVII, i, une traduction de la Bible autre que la Vulgate ; on se demande s'il emprunte ces textes aux citations bibliques de saint Augustin ou à des mss. particuliers ; il cite, il est vrai, des mss. anciens (in antiquis codicibus lectum est), mais ce sont peut-être des ouvrages de saint Augustin. La question qui mérite d'être étudiée est posée par H. Cochin, dans Le frère de P. et le livre du Repos des religieux, Paris, 1903, p. 161.

3. Le seul que nous possédions est le Par. 390, ms. de la fin du xiiie siècle, de 113 ff. (340x215 mill.), orné de belles initiales. Reliure Louis XIV. Il a figuré dans la bibliothèque du château de Pavie, sous le no 593. Il contient le Lévitique avec une glose. Il n'y a qu'une seule annotation de P., à propos de l'année jubilaire (f. lOl).

4. Vit. sol.. II, 6, I (Op. 275) : ... In eo lihro, queni de Brachrnanorum uita sno nomine [Gz/a;»"] scriptum supra retuli, qui licet non plene mihi redoleat Anibrosii stiluni inter Amhrosii tamen libros médius est, ingenti quodam et uenerabili et vetiisto iioliimine librorum eius, quod in archiuo Amhrosianae Mediolanensis ecclesiae custoditur. V. le texte cité plus loin, p. 203, à propos d'un apocryphe de saint Ambroise.

séquent, le modèle le plus accompli qu'il pût se proposer de suivre. C'est à saint Augustin, il le dit expressément, et au livre des Confessions qu'il dut son goût pour les lettres sacrées : Is liber me mutauit eateniis, non dico ut iiitia prima dimitterem {quae uel hac utinam aeîate dimiserini /), sed iit ex eo sacras litteras nec spernerem, nec odissem immo uero me paidatim horror ilJe muJceret, et imiitas aiires reciisantesqiie ad se ocidos traheret \ Dans le catalogue de ses livres de Vaucluse, les seuls ouvrages de littérature ecclésiastique qui se rencontrent sont des livres de saint Augustin -.

Pétrarque a fait bien des fois et de bien des façons l'éloge de Fécrivain qu'il considérait comme un guide incomparable '. Choisissons seulement un des passages où l'humaniste se montre le mieux sous le fidèle : Augustinu m . . . non soliim familiariter illis [gentiliiim libris] nti non puduit, sed ingénue etiant fateri se in libris Platonicorum magnant fidei nostrae partent inuenisse; et ex libro Ciceronis, qni iiocatur Hortensius^ mutatione mirabilis ah omni spefaUaci... auersum... O uinun ineffa-

1. Scn. VIII, 6 (Op. 840) : Scripsere et alii imilti res ad saluiem utilissimas, de his loqiior non qiiae scientia implent et saepe inflant, sedqiiaedeuotionehuniili Immanum animum acendunt, ut collationes Patriim et Patriim nitas ; qiiariim allqnae non pietate tantiim, sed eloqiientia refertae, miris modis et lectoreni adiuiiantet délectant ; qiialis est Athanasii Antonius. cuins uita perlecta multis profuit ad iniitationem uitae... qualis est et Seueri Martinus et Hieronymi Hilarion, eiusdenique uel loanms jEgyptius uel Paiihis eremita... Neque in hoc numéro praetereundi duo sunt loannis Chrysostomi denotissimi libelli, quorum aller de Reparatione lapsi, de Compunclione cordis aller inscribitur. Oui, quoniam dinumerare omnes longum est, tihi; cum noies, in nostro armariolo praesto erunt.

2. De civitate Dei, Confessiones, De orando Deo, Soliloquia. Il faut ajouter le De ucra religione. (Delisle, Notice sur un livre annoté par P., p. 19).

3. Saint Augustin est cité environ six cents fois dans les lettres de Pétrarque, et à peu près autant dans l'ensemble de ses autres ouvrages. On peut voir, parmi les citations les plus importantes, celles du De uera religione dsins Sen. II, \,Deotio rel. l (Op. 2^')), Inuect. contra med., III (Op. 1106); du De paenitentia dans 5^«. VIII, 6;duD^ Trinitate dans Seii. V, i ; des Ouaestiones diuinae dans Sen. II, I. L'auteur est nommé quelque part ////• inaccessihilis (Op. 966).

bileni diomiinqiie qiieni Cicero ipse pro rostris laudei, ciiiijue publiée g rates agat, qiiod inter lam miiltos ingratos unus uelil esse gratissimus! O uirum magnifiée hnmUem... non qui alienis pluiiiis ornât us anetoribns insultet; sed qui iani ebristianae reJigi())iis fiuitanleni puppini inter baeretieorum scopnlos agens, praesentisque niagnitudinis sine arrogantia sibi eonscius, ueritaleni primordiorum suorum et adoleseentiae rudimenta eomniemoret, et doetor tantus EccJesiae non eruheseat diieatum Arpinatis boniinis, licet alio tendentis ' . Ciir aiitern eriibeseeret ? Nemo diix spernendiis est, qui iiiam sahitis ostendit. Quid ergo studio ueritatis obesse potest uel Plato uel Cicero, quorum alterius scbola fidem ueritatemque non modo non impugnat, sed docet et praedicat, alterms libri recti ad illam itineris duces sunt\ Pétrarque s'armait, comme on le voit, de l'autorité d'un maître accepté de tous pour défendre auprès de certains esprits sa prédilection pour l'antiquité païenne '.

On doit regretter la perte d'un exemplaire des Confessions, qui servit à Pétrarque pendant toute sa vie et dont l'histoire est intéressante. C'était un tout petit volume de poche, que le P. Dionigi da Borgo S. Sepolcro lui avait donné dans sa jeunesse comme un remède contre les passions. Il le portait avec lui au montVentoux, le 26 avril 1336, et lut, au sommet de la montagne, un passage du livre X, qui lui inspira de saintes pensées et d'éloquentes paroles '^. Plus

1. P. revient sans cesse sur ce souvenir, dont j'abrège ici l'expression. V. par ex., t. I, p. 244.

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