‹ Pétrarque et l'humanismeChapitre 267 sur 353 · Cf. Fam. V. 3, et Rer. mem. IV, 7 (Op · texte numérisé non relu

Cf. Fam. V. 3, et Rer. mem. IV, 7 (Op

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Sic ciiudo et redeumio mecum senniL iln ul iam senex a sene sine ingeiili clifficulfale legi neqiieat, cl mine tandem ah Aiigustini domo digressus ad eamdem redit, nunc quoqiie tecum peregrinaturus, ut reor. Que ne donnerait-on pas pour retrouver ce petit volume (^pugiUare opiiscidunf), dont les marges ont dû recevoir du poète tant de confidences M

Les ouvrages de saint Augustin, qui nous restent en divers manuscrits, ne dédommagent point de l'absence des Confessions. Le premier a cependant un intérêt tout spécial par l'époque où nous le rencontrons chez lui. C'est une Cité de Dieu d'écriture française de la fin du xiii^ siècle, qui est aujourd'hui le manuscrit 14^0 de la Bibliothèque universitaire de Padoue. Il est à deux colonnes, d'une ornementation très sobre, et compte 249 feuillets \ Dès la seconde page, nous sommes en présence de deux vers latins écrits par Pétrarque, l'un -au bout de l'autre, dans la marge supérieure :

Urhs etenia Dei, soJidis siihnixa columpnis. Hune fore si]^nifeniin de toi sihi cernit alunipnis.

Ces vers, qui sont de lui, nous conservent un exemple des distiques rimes qu'il eut quelque temps l'habitude de transcrire sur ses livres: Poteris si placebit... écrit-il à Donato degli Albanzani, //;////// ex bis qnae oJim in libris ipse meis scholastica curiositaie praescrihere solebani, nienni distichon in primordio eius \Jihri'\ apponere \ La première page offre, dans

1. Sen. XV (XIV), 7 (Op. 939). Le P. Marsigli fut provincial dans l'ordre des Augustins. et. Voigt, Wiederbelebiiuory, t. I, p. 187-189, et la dernière lettre du recueil Sine titulo (Op. p. 732), qui est certainement adressée au célèbre moine.

2. 320 X 320 mill. Il provient du monastère des Augustins de Padoue.

3. Sen. VIII, 6 (Op. 840). II envoie en même temps les vers qui devaient sans doute figurer sur son propre exemplaire des Confessions :

Hiinc celer ad Jontem déserta per arida perlât, Quisquis cget lacriniis qiiibus inipia criniina tergat.

la même marge, d'une écriture qui semble au premier abord assez différente de celle du distique, la mention d'acquisition suivante : Jniio Doniiiii ni. iij^. xxv. iiiense fehrnario in Aninione, enii istuni libnini de ciuitate Dei ah exequutorihus domini Cinthii cantoris Turonensis \ pro pretio florenorum xij. Cette mention indique un achat de Pétrarque, en février 1325 ; il n'avait pas encore vingt et un ans; mais ce que nous savons des goûts de sa jeunesse rend vraisemblable une acquisition de ce genre ' et l'ensemble de sa biographie ne s'y oppose point '. L'écriture ne peut suffire à nous mettre en garde; il serait impossible qu'elle fût tout à fait identique à celle des autographes que nous possédons et dont les plus anciens ne remontent qu'à 1336; mais les différences qu'elle présente avec ces derniers ne sont pas plus profondes que celles qu'on peut constater entre les autres époques de la vie de Pétrarque. L'analogie est, en revanche, très sérieuse ; même alphabet, mêmes abréviations, mêmes mouvements de plume. Tout concourt à

Ces vers ont été relevés par Bandini, qui n'en connaît pas Fauteur, au commencement d'un manuscrit de la Laurentienne, Plut. XII, 25. (dit. Bihl. Laiir., t. I, p. 27). Je signale ce recueil de littérature ecclésiastique comme pouvant avoir été formé dans l'entourage de Pétrarque.

1. Ce chantre de l'église de Tours, mort sans doute à Avignon vers cette époque, n'est pas connu.

2. Dans la plus ancienne lettre de P. qui soit conservée et qui date exactement de cette époque, il parle déjà de saint Augustin {Aiigustitius noster) comme d'un auteur qu'il aime particulièrement et dont il a lu quelque chose {Fa))i.l, i; cf. Gaspary, Storia, t. I, p. 487); mais ce passage sent singulièrement l'interpolation. Au reste, la bibliophilie précoce de P. suffit à expliquer son achat.

3. V. Une date nouvelle de la vie de P., Toulouse, 1890 (Extr. d<is Annales du Midi, il, pp. 65-70). Cf. Mazzoni, dans la Rivista crit., ann, VI, p. 38, et la brochure de M. Marco Girardi, La nuo-va data scoperta daî Sig. Pietro de Xolhac nella vita del P., Padoue, 1892. J'ai repris la discussion sur le comput (/ Xativitate, dont se sert P., dans ma note sur P. a Bologne (Petrarca e la Lombard ia, Milan, 1904, p. 89 sqq.).

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faire voir, en ce manuscrit, le plus ancien autographe du poète •■.

L'annotation du manuscrit est peu considérable et consiste surtout en sommaires ^ Mais ces sommaires même révèlent la préoccupation du lecteur ; ce qu'il signale en marge de préférence, ce sont ces noms et ces choses de l'Antiquité romaine qui tiennent tant de place dans l'ouvrage. Qiielques notes en feront mieux juger. F. 29 (III, 28, Uiia uero [urbs] Iota inssa triicidarî). Videtiir fuisse Stilnw, ut narrât FJorus in hcllo Marii ci SU Je \ F. 3 o' (IV, i , Romae natus et educaius^ : Alibi legitur quod Varro fuit natione Narhonensis \ F. 31 (IV, 5) : Hoc gcstiim fuit Spart ago gladiatorc duce secundum FJorum. F. 31' (VI, 9) : Hic aperit que fuerit imtentio et opinio Varronis de diis... A partir du chapitre 7 du livre XIV, la main de Pétrarque est beaucoup plus rare; ce ne sont guère que des variantes ou la réparation d'omissions du copiste, qu'on trouve aussi dans la partie précédente du manuscrit. Comme l'écriture de l'âge mûr de Pétrarque se rencontre à peine, on doit conclure qu'il a possédé un autre exemplaire de la Cité de Dieu ; celui-ci a pu lui sembler difficile à lire et trop peu élégant, et il en a acheté ou fait copier un second \ Il a eu cependant sous les yeux, à Vaucluse, long-

1. Depuis que j'ai présenté ces observations dans les Annales du Midi, elles n'avaient soulevé aucune objection ; mais, comme la note d'achat du ms. de Padoue se trouve absolument isolée dans la série de nos autographes, F. Lo Parco vient de soulever des doutes sur l'attribution à P. (Giorn. Stor., vol. XLVIII, p. 36 sqq.). Le lecteur en trouvera le fac-similé dans le travail récent de Sabbadini (Rendic. del R. Istit. lomb., vol. XXXIX, 1906).

2. Une main étrangère à Pétrarque y a contribué en beaucoup d'endroits.

3. Florus est une des plus anciennes lectures de P. (V. plus haut, p. 35, la citation de Fiiiii., III, 18).

4. P. fait une confusion d'après S. Jérôme, Jd. Eiiscb. Chrou. ad a. Ahr. nj^J (U. C. 6y2), où il s'agit de Varron de l'Atax.

3. Il cite fréquemment l'ouvrage, qu'il appelle quelquefois lihcr ciuitatis cternae

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temps après son acquisition de jeunesse, le manuscrit que nous décrivons. Sous une phrase où saint Augustin parle de l'état déplorable de l'Empire, f. 32 (lY, 7) : Onanqiiam Romaniim Imperhim afflictum est potins qiiam mutatiun). Pétrarque a écrit : Niinc in anno i J42 affUctuin re etsi nomine miitatnm, et amnchilatnni est \ L'année où le poète marquait ici la tristesse de ses rêves politiques, appartient en effet à une période de grand effacement du prestige impérial en Italie ; et c'est à cette même date qu'il adressait au nouveau pontife Clément VI l'appel désolé de Rome, veuve à la fois du Pape et de l'Empereur ". L'année 1342 est aussi celle où il a connu Cola di Rienzo à Avignon, et on peut supposer sans invraisemblance que c'est à la suite de ses ardentes conversations avec le tribun qu'il écrivait, en sa solitude de Vaucluse, cette note mélancolique.

Le Parisimis 2201 joint au nom de saint Augustin celui de Cassiodore, et contient les traités de ces auteurs sur l'âme '. C'est un manuscrit de 58 ff. que Léopold Delisle, qui l'a

ou liber cehstis repuhlicae (Inu. in nied., III; Op., 1103 et 1106). — Dans Va r. 33, rappelant qu'il a osé blâmer Cicéron d'avoir excusé le suicide de Caton, il observe : Illam... sententiarum repugnantiani quamuis ah ineunte aelate perpemlerein, tamen uerecundiiis asserebam, donec ciuitatem Dei, Augustine duce, ingressus, animadiierti opinionem meam illius aiictoritate firmari . Leges illiim Augustini locum ; est aiitein magni operis lihro primo hand procul a fine ... quanmis pluriforniiter uirinqne suppreso Ciceronis nomine (=: Civ. Dei, I, 27). Ce passage apprend que P. avait lu avant la Cité de Dieu le morceau où Cicéron excuse Caton (Diii. II, i).

1. Cf. f. 37 (IV, 29) : Siguificatiun est Martiam gentem, id est Romanam, neniini locum quem tenerat daturam. P. : Istud presagium cito euatiuit.

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