Contra Gallimi (Op
2. De Viris ilL, éd. Razzolini, t. I, p. 144; cf. le passage de Li page 140. Ces traditions et peut-être aussi leur provenance eurent pour quelque chose dans l'hostilité notée plus haut chez P. contre Alexandre.
3. Une traduction en prose de VHistoria de pracliis, qu'a fait connaître Paul Meyer, mentionne une ambassade des Romains auprès d'Alexandre « en reconnaissance qu'ils le tenoient a seignor » (t. II, p. 312). La même Historia, à laquelle P. fait peut-être allusion par le mot litterîs, avait été traduite en vers italiens ; c'est le poème que Grion a publié sous le titre / nohili jatti ai Akssandro Magno, Bologne, 1872 (cf. Meyer, t. I, p. xiii).
4. Cf. par ex. Hisf. litt., t. XV, p. 108, 112; L. Bellanger, De Gualthcro ah lusiilis, Angers, 1877, p. 55, 65.
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les influences des poètes du « stil novo », de Cino da Pistoria notamment, s'exercèrent fortement sur son esprit \ où il pratiqua l'œuvre lyrique de Dante et goûta la Vita nova \ nous pouvons être assurés qu'il ne consacra aucun effort à suivre ce que nous appellerions le mouvement littéraire de son époque. Ayant lui-même donné à son Can~oniere le simple titre « Rerum uulgarium fragmenta », affectant de le dédaigner dans sa vieillesse, tout en en préparant de soigneuses copies, traitant alors ses poèmes d'amour diinepiiae mueniles \ ou encore de 7iiigae '^ ou de nugellae \ il semble prétendre qu'il n'y a pas d'honneur suprême ni de gloire durable à acquérir par des œuvres en italien ; il est donc peu disposé à apprécier celles qui se produisent de son temps.
Le jour où, sur la fin de sa vie et par hasard, le Decamerone lui tombe entre les mains, il écrit à son cher Boccace une lettre pleine d'indulgence et même d'éloges, mais on voit clairement qu'il ne se doute point qu'il vient de rencontrer un chef-d'œuvre : Lihrum tiiiim, quem nostro materno
1. V. l'étude déjà citée de Carlo Segré, La patria poetica di F. P. Gli anni di Bologna (extr. de la Nuova Antol. du i6 juillet 1904).
2. V. particulièrement A. Moschetti, DelV ispira-^ione dantescaiielh Rime di F. P., Urbino, 1894; et G. A. Cesareo, Su h poésie volgari del P., Rocca S. Casciano, 1898, p. 129-172.
3. V. la fameuse lettre à Pandolfo Malatesta qui lui en avait demandé un texte; on sait qu'il existe deux rédactions de cette lettre (Seii. XIII, 10, et Var. 9) écrite au seigneur de Rimini en janvier 1373.
4. Dans ses brouillons, écrits pour lui seul, on trouve cette note vers la fin de la canzone Nel dolce tempo: — 13^6, 4Noiienihr. dum cogito de fineharinu nugarum.., (Texte du ms. de Parme dans F. Pellegrini, /. c, p. xi).
5. J'ai peut-être trop insisté autrefois sur le mépris affecté par P. pour ses œuvres italiennes. Le soin qu'il mettait à les perfectionner et à en produire des manuscrits corrects, montre assez qu'il y attachait de l'importance. On doit consulter désormais sur le sujet deux dissertations de Vittorio Cian, où tous les textes se trouvent réunis et discutés avec autorité et finesse : La coscieii~a artistica nel poêla del Canioniere (extr. de la Nuova AntoL du 16 juillet 1904), et « Nugellae uulgares » ? Ouestione Petrarchesca (q\Iy. de la Favilla), Pérouse, 1904.
eJoquio, ut opinor, ohm iuuenis edidisti, nescio quidem unde uel qualiter ad me delatum uidi, nam si dicam legi mentiar ; siquidem ipse magnus iialde, ut ad uulgus et soluta scriptus oratione, et occupatio mea maior et tempus angusium erat... Il croit même rendre à la renommée de son ami un grand service en traduisant en latin la dernière nouvelle du livre, qui l'a profondément ému et qui contient l'histoire de Griselda ' (Griselidis) ; et sans doute sa traduction a-t-elle beaucoup servi à répandre le nom de Boccace '.
Il montre une assez grande indifférence pour les poètes, ses contemporains, et les joint, en un passage, aux princes de son temps aussi insensibles aux lettres qu'à la gloire : [Principes nostri] sic uiuunt, ut eis metuendi poète sint potius quant optandi... lure igitur nostri nec amant carmen, nec poetas optant, sed nec metuunt, ut qui ex aequo uirtutem et famam et infamiam contempsere. Securissimum genus ! \ Parmi les poètes italiens récents, Pétrarque met au premier rang Lovato de Padoue, écrivain déjà nourri de poésie classique et qui n'écrivit qu'en latin '^. Ayant lu, comme tous les
1. Sen. XVII, 3 (à part dans Op. 540). Traduite sur le latin par Develay, Lettres de P. à Boccace, p. 260-287.
2. Il est un autre ouvrage de Boccace, en langue vulgaire, que P. a lu et même imité, c^QSlVAvwrosa Visione. V. EnricoProto, SnlJa coiiiposi:(ionedei Trionfi,]>lâp\QS, 1901, p. 10 sqq.
5. Fragments inédits de la vie de Scipion, publiés dans Le De Viris iU. de P., p. dj.
4. Il reconnaissait en lui un précurseur quand il disait : Louatus Pataninus fuit nuper poetaruni ojiininni, qiios iwstra uel patrum nostrorum iiidit aetas, facillinie princeps, Il/si iuris ciiiilis studium amplexiis envi nouem Miisis diiodecim tabulas inimiscuisset et animum ah *Heliconiis curis ad forensem slrepitum deflexissei (Rer . me)n.ll, 3. Op. 422, avec la leçon Donatus). Sur Lovato et ses œuvres, il faudrait consulter L[uigi]P[adrin],L;//?a// ^^ Lupatis, Bouetini de Bouetinis,Alhertini Mussati... carmina quaedam nunc primum édita, Padoue, i<S87, pei- noi:;e. Mussato, dont Salutati faisait tant de cas, comme prosateur, n'est pas cité par P. Cf. Novati, Nucn<i stndi su A. Mussato, dans Giorn. stor., t. VI, p. 187.
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lettres de son temps, les œuvres latines de Dante ' et notamment ses deux Eglogiies imitées de Virgile \ il regrettait de n'y pas trouver ce qui lui plaisait dans Lovato : ...Scrupidosiiis inquirentihus aliquando respondi fuisse illum sibi imparem, qiiod in uidgari eJoquio quaiN in carminibus aut prosa clarior atqne altior assurgit \ Cette distinction entre les carmina et les res uidgares est indispensable à qui veut comprendre le jugement de Pétrarque sur Dante.
Ses sentiments à cet égard ont donné lieu, comme on le sait, à de grandes discussions, qui ne sont pas apaisées. Dès son temps, ils furent fâcheusement interprétés. Boccace voulut lui faire partager la vénération qu'il professait pour son maître, et il donne un témoignage bien touchant de ce désir dans l'épître en vers latins mise en tête de l'exemplaire de la Commedia qu'il lui envoya en 1359 '^.Pétrarque connaissait l'œuvre, sans Tavoir jamais possédée (itumquam librum iîlius habuerim). La réponse qu'il fit à son ami est une page de critique fort curieuse. On l'a souvent inexactement traduite ou entendue, et il a fallu le juste commentaire qu'en a donné Carducci pour en faire admettre le véritable sens ' ; encore s'est-on efforcé depuis de mettre Pétrarque
1. La seule des Opère minori qu'un récit du temps nous montre parmi ses livres, est le De monairbia, qu'û possédait à Milan (v. p. 57, n. 2). Il est à supposer qu'il les connaissait à peu près toutes: mais il y aurait intérêt à être sûr du fait pour le Convivio. Pour les Eclogae, comment pourrions-nous en douter, ces poèmes de Dante ayant été transcrits par Boccace dans un de ses manuscrits ?
2. Le titre du ms. autographe des églogues de P. est le même que celui de Dante dans le Zihaldone de Boccace : Biicoliaim carnien. V. l'édition commentée de Giuseppe Albini. Dantis ecJogae, lohatmis de Virgilio carnien et ecloga respoiisiua, Florence, 1903.