‹ Pétrarque et l'humanismeChapitre 311 sur 353 · LES LIVRES DE TOMMASO FREGOSO, DOGE DE GÊNES · texte numérisé non relu

LES LIVRES DE TOMMASO FREGOSO, DOGE DE GÊNES

[32] Rhctorica Aristotelis translata pcr Filclfum. (Nunc est.)

[33 1 Liber Alcorani.

[34] Liber cirugie equoruni. (Nunc est.)

Pendant son séjour dans la bibliothèque du doge Fregoso, le Tite-Live de Pétrarque avait acquis une certaine célébrité parmi les humanistes de l'Italie du Nord '. Decembrio avait vu le volume et en avait parlé avec admiration chez les Visconti, qui ne possédaient pas eux-mêmes de plus intéressant souvenir du poète. Francesco Pizolpasso écrivait à Decembrio, en 1437, d'avoir Toeil sur les circonstances qui pourraient amener la dispersion des livres de Fregoso, afin de s'assurer alors le manuscrit : Attentus esto, si res Feregosonim adeo circumuerterentur , ut de codice i/Io Liuii excellentissimo olim Petrarcae sperari posset. Cehritas iiel prodiictio suis coaptetur locis, quo liber ipse, guem tu cordi nobis affixisti, miUo pretio nostras euadat uianus '. Les deux humanistes ne souhaitaient ni plus ni moins qu'une révolution dans Gênes pour procurer le précieux volume à leur maître; celui-ci, Filippo-Maria Visconti, excitait en même temps, et sans doute pour d'autres raisons, Battista Fregoso à se révolter contre son frère Tommaso et à prendre le pouvoir à sa place. Ces calculs de lettrés et de prince furent déjoués : Battista, un instant proclamé doge, fut battu par Tommaso, qui lui pardonna, et le duc de Milan n'eut pas le Tite-Live.

Les livres du doge passèrent paisiblement en héritage à son fils Niccolô, qui fut capitaine de la République de Gênes 5. Au recto de l'inventaire, on voit, en effet, diverses mentions intéressant la

1. Au f. 231' du ms., une main du xve siècle a comblé en marge une lacune du livre XXVL On trouve aussi au f. 369' la date 1^9^, au f. 366' le nom génois Hybletus de Flisco.

2. V. les documents de Sabbadini dans Miisco d'antich. class., t. III, col. 411-416.

3 . Niccolô semble être resté fidèle aux goûts littéraires que son éducation lui avait donnés. Un des documents grecs sur l'humanisme publiés par Emile Legrand établit qu'il mit en relations, en 1440, Antonio Cassarino et Philelphe, qui l'appelle alors àyaOô; veaviaxoç (Cent dix lettres grecques de Fr. Fileljc, Paris, 1892, p. 34).

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famille de ce dernier et qui sont écrites de sa main. La dernière nous le montre même entretenant des rapports avec la cour aragonaise de Naples et recevant du roi la faveur de l'avoir pour parrain de son fils Alfonso, né et baptisé à Gênes en 145 i :

Nicoîaus. Vinciguera natus est lanue in campo, anno a natiuitate Domini millesimo CCCC° quadragisimo nono, die xxvj madii. — Obiit eodem anno, die xxiiij Februarii.

Nicoîaus. Petrus Franciscus natus est Riparolii in rure nostro, anno a natiuitate Domini millesimo quadrigentessimo quadragessimo nono, in Kalendis lulii hora vij noctis. [Note répétée f. 368].

Nicoîaus. Alfonsius natus est in ortis nostris Genue in suburbio sancti Thome, anno a Domini aduentu M. CCCC. LI, die xxxvj Augusti ora xxiij'\ Substulerunt eum e sacro fonte magnificus dominus Berlingerius de...pro sacratissimo Aragonum rege, dominus Georgius cardinalis de Flisco, Stefanus de Auria, NeapoleonQs Lomelinus, magister Petrus de Arimino. Batizatus fuit per reuerendum dominum episcopum Marianensem.

Cette mention des relations étroites de Niccolo Fregoso avec Alphonse P"" m'a fait supposer que le Tite-Live aurait pu être offert, à l'occasion de ce baptême ou peu après, à un souverain très connu pour son zèle cà enrichir sa bibliothèque. Un document d'archives apprend justement qu'Alphonse envoyait un cheval en don à Niccolo, le 24 juini 451 ' ; on peut croire que le capitaine de Gênes songeait à son tour à faire hommage au roi des objets qu'il aimait le plus, les livres. Ainsi, s'expliquerait le passage du Tite- Live dans la collection de Naples, qui, à son tour, nous expUque son passage dans celle de Paris ^.

La place du Tite-Live de Pétrarque en tête de la petite biblio-

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