‹ Pétrarque et l'humanismeChapitre 317 sur 353 · Aucun doute sur ce chiffre · texte numérisé non relu

Aucun doute sur ce chiffre

7. Le mot Paduam, omis jusqu'à présent, met hors de doute la présence de P. à Padoue le 14 juillet 1361 (cf. Zardo, p. 62, n. i).

8. Cf. les expressions de Seii. III, i : Mcdiolaiiuvi urhem... hactenus horum nesciam (Op. j6'j).

LliS MHMORIAUX INTIMES !)]• Fl-TRARQUE 285

Theatini Roma uenicntem, 18° niensis eiusdem Mcrcurii sero, ad me peruenit de obitu Socratis moi amici, socii fratrisque optinii, qui obiisse dicitur Babilone seu Auinionc de mensc Maii proximo. Aniisi comitcm ac solatium uitc mee'. Recipe, Christe lesu, hos duos et reliquosquinque, in eterna tabernacula tua, ut qui iam hic mecum amplius esse non possunt permutatione felicissima tecum sint. ^ Heu mihi, imo septeni, necsciebam.

Rumor quoque ianipridem hic fuerat de obitu PhiHppi de Vitriaco, episcopi Meldensis, patris et amici mei 2. Hoc autem die dominico 22° Augusti > compertum accepi. Dissimulabam et credere recusabam. Heu mihi, nimis crebrescunt fortune uulnera.

Eadem die atque hora 4 percepi obitum optimi patris ac domini mei Philippi aherius, Cauallicensis episcopi, ad quem est Hber meus Vite soHtarie. Maximus rerum mearum preco obiit. Heu, prope iam solus su m 5.

Parmi les deuils répétés qui affligèrent le poète au milieu de sa vie et qu'il énumère dans une lettre à Boccace utile à rapprocher de son funèbre mémorial ^, il en est un sur lequel sa correspondance est muette et qu'il porta seulement dans la solitude de son cœur.

1. Il m'est impossible d'admettre qu'il n'y ait pas une altération de texte ou une confusion de souvenir, dans Sen. III, i, après l'allusion voilée à la mort de Giovanni. Le deuil tout exceptionnel dont P. parlerait à Boccace comme étant survenu l'année suivante (cnidelior anniis seqtieus) et qu'on fait rapporter à la mort d'Azzo da Correggio, ne peut se rapporter qu'à l'ami Socrate (Louis Sanctus de Beeringen), le dédicataire des Familiares, bien connu de Boccace, et dont P. pouvait justement dire : Ouod hàbiii optimum in terris, eripiiit amiciim ilhiiu..., neque tihi opiis est nomine ut quem loquor intelligas.

2. P. confirme l'année de la mort de Ph. de Vitri (Gallia Christ., t. VIII, col. 1636), mise à tort par Gams en 1362.

3. Sabbadini me signale ici un renvoi au bas de la page, où se trouvent les mots ad iiesperam.

4. Gallia Christ., t. I, col. 950 (notice sur Cabassoles) : Mortuiis est Periisii anno i^y2, die 2j Aug. iiel, ut alii notant, VI Cal. Aug. La note de P. ne permet pas d'admettre la première date.

5. J'ai à remercier tout particulièrement Novati et Sabbadini d'avoir bien voulu revoir sur le ms. ma lecture de ces notes, d'un déchiffrement assez délicat, et où ma première édition avait laissé passer quelques erreurs.

6. Sen. III, I. V. Develay, Lettres de P. à Boccace, p. 127 sqq.

286 EXCURSUS VI

On ne comprendrait qu'à demi l'âme de Pétrarque et le caractère de sa poésie, si l'on n'avait sans cesse dans la mémoire la note suivante, écrite peut-être la première, sur les gardes du Virgile, et mise tout à fait à part des autres souvenirs, comme le plus intime et le plus cher. L'authenticité du morceau a été suspectée souvent, mêm.e en ces derniers temps, mais sans l'ombre d'une raison valable pour qui a eu le manuscrit entre les mains. On peut discuter sur l'état d'esprit de Pétrarque, au moment où il le composa ; on peut admettre qu'il ne l'a pas mis sur le Virgile au moment même où lui parvint la nouvelle d'Avignon ; c'est, en tout cas, une clef nécessaire pour la partie du Can^oniere écrite « in morte di Madonna Laura » :

Laurea i, propriis uirtutibus illustris et meis longum celebrata carminibus, primum oculis meis apparuit sub primum adolescentie mee tempus, anno Domini 111° iij'^ xxviij die \]° mensis Aprilis in ecclesia sancte Clare Auin. hora matutina ^ ; et in eadem ciuitate eodem mense Aprili eodem die sexto eadem hora prima, anno autem m^ iij^ xlviijo ab hac luce lux illa subtracta est, cum ego forte tune \^erone essem, heu ! fati mei nescius. Rumor autem infelix per literas Ludouici mei me Parme repperit, anno eodem mense Maio die xix^ mane. Corpus illud castissimum atque pulcerrimum in loco Fratrum Minomm repositum est, ipso die mortis ad uesperam. Animam quidem eius, ut de Africano ait Seneca 3, in celum, unde erat, rediisse persuadeo michi. Hec autem ad acerbam rei memoriam amara quadam dulcedine scribere uisum est, hoc potissimum loco qui sepe sub oculis meis redit, ut scilicet nichil esse debere quod amplius mihi placeat in hac uita et, effracto maiori

1. On lisait autrefois Laura, mais à tort; il y a sûrement six lettres dans le mot et Laurea est bien l'orthographe de P. {Fani. II, 9). Il y a eu, d'ailleurs, de nombreuses inexactitudes commises dans la publication de ce morceau, provenant en partie du mauvais état de l'écriture ; je dois à l'obligeance de Sabbadini la certitude de donner aujourd'hui le texte véritable.

Page 1