‹ Pétrarque et l'humanismeChapitre 328 sur 353 · Remania, X. XXII, p · texte numérisé non relu

Remania, X. XXII, p

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Puisqu'il n'y a aucune raison pour refuser à Jean de Hesdin la paternité de l'ouvrage que lui attribuent nos manuscrits, on doit remarquer tout particulièrement sa présence dans la maison du cardinal de Boulogne. Pétrarque fut, comme on le sait, en relations suivies avec ce prélat à qui il adresse diverses lettres {Fam. XIII. i, XIV, 7, XVI, i), et avec deux de ses familiers, également ses correspondants, Philippe de Vitri (Fam. IX, 13) et Pierre de Rainzeville, abbé de S. Bénigne de Dijon (Fam. XIII, 7). Toutes cts lettres indiquent qu'il était extrêmement connu dans le cercle du cardinal français. Jean de Hesdin a pu rencontrer Pétrarque au moins une fois, en 1350, puisqu'il accompagna son maître dans sa légation de Hongrie. Pétrarque raconte, en un de ses plus charmants récits, comment il chevaucha quelque temps sur les bords du lac de Garde avec le cardinal de Boulogne, qui se trouvait entouré de sa suite et d'une nombreuse compagnie de seigneurs italiens venus pour lui faire honneur \

Nous avons vu que le poète n'avait conservé de Jean de Hesdin, alors personnage très obscur, aucune sorte de souvenir. Mais la présence du théologien dans la maison du cardinal de Boulogne éclaircit le rôle que celui-ci paraît avoir joué, vers la fin de sa vie, à l'égard de Pétrarque retiré loin de la cour pontificale. On supposait que le cardinal avait été du nombre des partisans du retour de la papauté à Avignon; il n'y aplus à en douter aujourd'hui, puisqu'on voit cette cause défendue avec tant d'acharnement par un de ses serviteurs, écrivant sans doute sous son inspiration^. On doit admettre aussi que l'attitude de plus en plus agressive prise par Pétrarque contre la France et le parti français de la Curie avait détaché de lui son ancien ami, et que le cardinal Gui de Boulogne est bien le prélat dont parle le poète dans Sen. XIII, 12, alors qu'il se plaint amèrement d'avoir été attaqué devant Urbain V par un

1. Il y eut même alors une petite conversation politique entre P. et le cardinal {Sen. VII, I ; trad. Fracassetti, t. I, p. 402). Cf. Fam. IX, 13.

2. La cause française fut définitivement perdue sous Grégoire XI. Cf. G. Mirot, La politique pojitificale et le retour du Saint-Siège à Rome en 1^76, Paris, 1899.

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