VIII NOTE BIBLIOGRAPHIQUE
On doit consulter avant tout, pour la bibliographie du sujet, le précieux travail de W. Fiske, A catalogue 0/ P^/m;r/; /?oo/^5 (Ithaca, New- York, 1882), l'article du Répertoire de Chevalier (dont il existe un tirage à part, Pétrarque, bio-bibliographie, Montbéliard, 1880), puis les ouvrages suivants, spécialement consacrés à la description des éditions de Pétrarque : Marsand, Biblioteca petrarchesca. Milan, 1826 (la collection de Marsand a péri dans l'incendie de la bibliothèque du Louvre) ; Hortis, Calalogo délie opère ai F. Petrarca esistenti nella Petrarchesca-Rossettiana, Trieste, 1874 ; Ferrazzi, Bihliografia pctarchesca, Bassano, 1877 (extrait du tome V del'Enciclopedia dantesca) ; Fiske, Hand-list of Petrarch éditions, in the Florentine public libraries, Florence, 1886.
Voici les éditions dont j'ai cru devoir me servir. Pour la plus grande partie des œuvres en prose, je renvoie à la dernière édition des Opéra oninia (Basileae, apud Sebast. Henricpetri, 1581, in-folio), qui est, comme on le sait, fort incomplète malgré son titre. J'y renvoie également pour les églogues et les épîtres en vers, l'édition des Poemata minora de Rossetti (Milan, 1829-34) détruisant arbitrairement le classement des manuscrits, sans se faire pardonner cette faute par une amélioration suffisante du texte. VourVAjrica, un des très rares ouvrages de Pétrarque qui aient été convenablement édités, je me sers de l'édition critique de Corradini, dans Padova a F. Petrarca, Padoue, 1874. Pour les Familiares et les Variae, on ne les trouve complètes que dans l'édition de Fracassetti, Florence, 1859-1363', dont le texte est loin d'être définitif. Pour les Seniles, je renvoie à l'édition de Bâle, en indiquant toutefois l'ordre des lettres dans les manuscrits, ordre suivi dans la traduction de Fracassetti qui n'a point édité ce recueil. Pour la « Vie de César », je renvoie à l'édition de Schneider, Leipzig, 1827, et pour le reste du £)g Viris, faute de mieux, à celle de Razzolini, Bologne, 1874. Un court opuscule, V Itinerarium Syriacuni, a été édité avec soin par G. Lumbroso dans ses Memorie del buon tempo antico, Turin, 1889. Le « Discours d'ambassade au roi Jean » ne se trouve que dans le ravail de Barbeu du Rocher paru dans les Mémoires divers présentés à V Académie des Inscriptions, 2^ série, tome III, Paris, 1854. Enfin, des morceaux inédits ont été donnés par Attilio Hortis, Scritti inediti F. di Petrarca, Trieste, 1874 (discours), et par Nolhac, Le De Viris illiistribus de Pétrarque, Paris, 1890 (fragments historiques).
I. Les sept volumes de traduction publiés par Fracassetti (Florence, 1863-1876) contiennent à peu près la totalité des lettres en prose de P. ; ce travail nulle part ne tient lieu du texte, sur lequel il faut toujours le vérifier. Victor Develay a entrepris de traduire en français les œuvres poétiques latines de P. et sa correspondance complète. Lettres de François Pétrarque à Jean Boccace, Paris, 1891. Les plus importantes de ces traductions sont celles du Secretum (1879) [réimpression populaire en 1898 dans la collection dite « Bibliothèque nationale »], de l'^/V/Va (1879), à.ts Églogues {!%<)!) ; d. Rei'ue critique, 1891, I, p. 471. — Celle des Épîtres métriques n'a pas été réunie en volume et doit être cherchée dans le Bulletin du bibliophile, années 1882-1885.
NOTE BIBLIOGRAPHiaUE IX
On voit combien les œuvres de Pétrarque sont dispersées et quels inconvénients en résultent pour le travail. La plupart de ces œuvres, et notamment plusieurs des livres de polémiques et de philosophie, n'existent même que dans les très incorrectes éditions in-folio du xvie siècle, dont la lecture est, par suite de cette incorrection, extrêmement pénible. Il y a tel ouvrage qu'il est plus aisé de lire dans un manuscrit, même de texte médiocre, qu'en ces éditions. Pétrarque et le milieu intellectuel de son temps, que sa production latine révèle si bien, ne pourront être étudiés convenablement que lorsque aura paru cette édition critique générale réclamée par les « pétrarquistes », travail considérable sans doute, mais qui pourrait être exécuté plus promptement qu'il ne semble, après un bon classement des manuscrits, s'il était réparti entre plusieurs mains.
Ces œuvres, malgré les parties complètement mortes qu'elles renferment, restent encore, dans l'ensemble, remplies du grand souffle qui les anima et importantes par la place qu'elles tiennent dans l'histoire. Elles établissent un des titres les plus sérieux que l'Italie de la Renaissance ait à la gratitude de l'Europe, Pour l'Italie savante d'aujourd'hui, formée aux meilleurs écoles de travail et jalouse d'honorer ses grands hommes, ce serait, semble-t-il, la plus digne façon de préparer, pour 1904, la célébration du sixième centenaire de Pétrarque.