Cf. P. de Nolhac, op. cit., page
Cet ensemble de goûts de grand seigneur, et de préférences délicates, joint à son instabilité, à son désir presque fébrile des voyages, dut être pour le poète une cause continuelle de dépenses et d'embarras économiques. Bien longtemps son intendant Monet, aussi prévoyant qu'il était raisonneur, le poursuivit avec le compte de ses dépenses, en lui reprochant son perpétuel vagabondage. « En te promenant continuellement comme tu le fais, tes poches seront toujours vides \ » Effectivement, avant d'avoir obtenu les canonicats de Parme et de Padoue, Pétrarque eut souvent l'occasion de gémir sur sa pauvreté qui l'empochait de venir en aide à un ami -. Nous ne savons à combien s'éleva son héritage paternel et maternel, ce qu'il y a de certain, c'est qu'en 1351 il écrivait à Olimpio « qu'il lui restait peu de chose du patrimoine familial, et que ce peu demandait de la surveillance '. » Patrimoine qui, avec le temps, « au lieu de s'accroître ne fit que diminuer \ » Tout l'héritage était employé sans doute dans le petit domaine de la Sorgue,
l. Senili, IX, 2.
•2. Faon., III, 1 ».
:;. l'*m., XI, 12.
■i. Fum., XIX, i.
d'où Pétrarque tirait quelques produits en vins et en huiles l. En somme, il ne manqua jamais de ce qui est nécessaire pour vivre dans une modeste aisance qui devint plus complète et plus assurée grâce à ses dernières prébendes, ce qui lui permit de se dépouiller de deux bénéfices ecclésiastiques au profit de ses amis. En 1353 il écrivait à Socrate : « Je possède ce qu'il faut pour vivre et même pour vivre à Taise. Je puis m 'établir ici et là à mon gré, pour un séjour plus ou moins long. J'ai de quoi manger, boire, me vêtir et me chausser. J'ai des domestiques, des serviteurs et des chevaux2.» Mais ses dépenses augmentèrent avec ses revenus, et cinq ans plus tard, à Guido Sette, il se plaint de ce que « ses recettes étant plus considérables, ses dépenses le sont encore davantage et que, riche, plus qu'il ne l'avait jamais été, il se se trouve plus pauvre qu'avant. » Il répondait à celui qui le croyait dans l'aisance que « sa situation était fort médiocre ■ » et il disait dans son testament qu'il ferait « bien d'autres legs