‹ PétrarqueChapitre 126 sur 178 · Fam., XVI · texte numérisé non relu

Fam., XVI

il se soit montré peu satisfait de ses copistes dont il déplorait la paresse, la négligence et l'ignorance l.

Cette passion des livres était la passion de la science et de l'art qu'ils renfermaient. Les faits, les pensées, le style, la langue le frappaient dans une égale mesure d'un délicieux étonnement.Ses livres furent pendant toute sa vie son aliment intellectuel quotidien. Il se vantait « d'être entré avec les classiques dans une telle intimité qu'ils étaient non seulement dans sa mémoire, dans son sang, dans ses moelles, mais qu'ils s'identifiaient à son esprit, que fût-il même toute sa vie sans les lire, ils y demeureraient imprimés 2. » Foscolo disait qu'après avoir lu des vers il gardait longtemps encore dans l'oreille ou dans la mémoire leur cadence harmonieuse. Or le rythme virgilien et la période cicéronienne produisaient le même effet à Pétrarque. De l'harmonie extérieure de la mesure, il passait à l'harmonie intérieure de la pensée et s'enivrant des hautes conceptions et de la belle éloquence, il se figurait être transporté au milieu du monde et des personna-

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