Senili, XVI
mémoire et par écrit, et leur rappelait ses demandes par lettres l. » Cette vénération du poète pour Cicéron lui fit éprouver un véritable chagrin pour la perte de deux manuscrits De la gloire, qu'il croyait posséder et qui n'étaient que des fragments d'un autre écrit, et on s'explique Jes paroles enthousiastes avec lesquelles il « l'admire et le vénère comme un génie divin » 2, paroles qu'il lui adresse directement en le louant d'avoir été le guide, le soutien et le père de sa science et de son style3. Mais malgré cette ardeur, son enthousiasme n'avait rien d'aveugle, et s'il écrivit à l'orateur latin une lettre admirative, il n'hésite pas à faire dans une autre, allusion à ses défauts, en particulier à son ambition politique, à sa participation aux luttes civiles, et à son peu de goût pour la retraite. Évidemment, l'humaniste, mystique par intermittence, ne pouvait comprendre qu'un orateur politique des derniers temps de la Rome républicaine, ne fut pas un esprit contemplatif.
Après Cicéron, Pétrarque aima Virgile dont