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il fit de nombreuses citations dans ses écrits, y recherchant les allégories d'après les idées scolastiques qui prévalaient au moyen âge. Il en imita le poème dans son Africa, que dans sa vieillesse et par une dernière imitation de Virgile, il voulait brûler, après s'être convaincu qu'il était loin delà perfection à laquelle il s'était peut-être flatté d'atteindre dans l'ardeur de la composition. Certainement le culte que, pour des causes diverses, le moyen âge rendit à Virgile de préférence aux autres classiques latins venait en partie du goût précoce et marqué de Pétrarque pour le Mantouan. Lorsque son sentiment artistique se fût mûri, et que ses idées morales se furent affermies, Pétrarque, si sensible à l'harmonie du rythme classique et à la perfection du style, ne mit plus de limites à son admiration pour le poète Latin. En même temps ses diverses interprétations allégoriques de Y Enéide donnaient une certaine forme poétique aux idées morales abstraites qui étaient le fonds de son éclectisme philosophique, et qu'il avait tirées principalement de la lecture de Cicéron et de Sénèque et de l'idéalisme platonicien de quelques auteurs sacrés, notamment de saint Augustin.
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Il faut remarquer, au surplus, que l'esprit contemplatif de Virgile incarnait à certains égards, mieux que les deux autres, 1 idéal littéraire de Pétrarque. D'ailleurs, bien qu enthousiaste de Cicéron et admirateur de Virgile, il s'inspirait bien plus des principes de beneque et de sa doctrine morale, ce qui se comprend aisément. Son esprit impressionnable, son tempérament intellectuel si souple, et 1 absence des qualités originales du penseur, devaient nécessairement lui permettre de s assimiler avant tout les séduisantes sentences et le stoïcisme doctrinaire de la victime de Néron. François de Sanctis écrivait que « Pétrarque voulut être Tacite et ne fut que Sénèque '. » La seconde partie du jugement seule est vraie ; quant à la première il suff.t de remarquer qu il ne connut rien de Tacite ■, et que môme s'il eut connu ses œuvres, il n'avait pas les aptitudes morales etintellectuelles capables d'en faire son
imitateur.
Le sentiment de la forme et du rythme lui rendit familiers môme les poètes lyriques et
1. Cf. Sagçjio critico sul Petrarca (Essai critique sur 1'tRT^hac;P^ar,/Ueea'//um.mSme,6dit. de 1892,P.266.
élégiaques que le moyen âge avait plus ou moins négligés, Horace, Catulle, Properce, Ovide. Horace est l'auteur que Pétrarque cite le plus fréquemment après Virgile, Cicéron et Sénèque, et ce n'est pas un petit mérite que d'avoir consacré aux Odes une étude aussi complète qu'aux Satires et aux Epîtres, et de s'être affranchi le premier du préjugé de l'époque qui faisait négliger entièrement les œuvres lyriques du poète de Venouse l. C'est avant tout comme lyrique qu'il admirait Horace, et dans une épître en vers qu'il lui adressait, comme il avait coutume de faire avec les plus grands classiques, tels que Cicéron, Titc- Live, Sénèque, Varron Quintilicn, Homère, il l'appelait le prince du genre lyrique, et c'est à ce titre seul qu'il le loue, en analysant rapidement les sujets des Odes.
Pétrarque, artiste délicat, savait aussi être un érudit consciencieux et encore par là il devient dans une certaine mesure, le modèle des humanistes. La recherche minutieuse des notices biographiques, le souci de l'exactitude chronologique, la critique des textes, l'enquête