‹ PétrarqueChapitre 143 sur 178 · Gregorovius, op. cit., page ii · texte numérisé non relu

Gregorovius, op. cit., page ii

3. Cf. Brizzolara, II Pet.e Cola di 1{. Stndi storici, du profes* seur Crivelluci. l'ise, 1899, pages 446-447 du 8» volume.

i/lTALIANITE DE PETRARQUE 2G3

(îance qu'une révolution sage et, jusqu'à un certain point, pacifique, parviendrait à changer la politique du temps « en faisant revivre Rome et l'Italie », la suite des événements dut bientôt lui enlever ses illusions. Partisan zélé de la paix publique et soucieux de la sienne aussi, il connut l'amertume des déceptions sans trop oser le laisser voir dans la crainte de se compromettre. Pour un caractère comme le sien, il ne s'était déjà que trop avancé dans ses démonstrations, lorsque l'entreprise n'avait point encore le caractère d'une rébellion et semblait plutôt en voie de succès. Il renferma donc en lui-même ses aspirations patriotiques et se tint éloigné d'Avignon pour laisser passer la tempête. Son patriotisme, sous l'influence de sa vive sensibilité, avait parfois des élans impétueux, mais n'allait pas jusqu'à l'héroïsme ; il n'avait pas la trempe d'un héros.

Ayant perdu l'espoir de voir, à un moment donné, renaître l'autorité traditionnelle du peuple romain et revenir à leur première origine les deux pouvoirs qui étaient les arbitres de la paix universelle et des destinées de la péninsule, Pétrarque, esprit plus rêveur que pratique et qui n'avait l'étoffe ni d'un conspirateur ni d'un

homme politique, ne vit plus rien dans les hommes ou dans les événements, qui représentât aucune de ses idées ; il se contenta alors dans l'intermittence de son mysticisme croissant, de manifestations inoffensives, inclinant tantôt vers l'un tantôt vers Fautre des deux pouvoirs qu'il désespérait désormais de voir unis pour gouverner l'Italie, du haut duLatranet du Gapitole. Alors deviennent plus violentes ses lettres sine titulo, destinées à condamner la politique coupable, les cupidités et les vices de la Curie * et plus fréquentes ses exhortations aux pontifes pour les inviter à revenir en Italie et à Rome, il commence à pousser Charles IV, « à se décider à rétablir la paix dans l'Italie » et la majesté et la puissance de l'Empire à Rome qui l'attend « comme un époux et un libérateur2», il le supplie « pour le salut de l'Italie, pour le bonheur de Rome sa malheureuse épouse » 3, et lui démontre qu'en dehors de l'Italie, il chercherait en vain la capitale de l'Empire 4, il le félicite de sa venue et le blâme de son départ si

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