Fum., XXIII
les doges de Venise et de Gênes, qu'il la conseillât au frère rebelle de Pavie, ce théoricien n'était au fond qu'un rhéteur, moins encore par tendance naturelle d'esprit, que parce que son désir abstrait d'un grand empire de paix, avec Rome pour capitale et l'Italie pour siège, était en dehors du cercle des idées courantes, en dehors des contingences de la vie réelle, en dehors du possible en son siècle. Rome qui devait donner la raison d'être à cet empire de paix, et l'Italie qui devait en récolter les bienfaits, était un idéal qui, enveloppé dans le doctrinarisme scolastique du moyen âge, dépassait les raisons et les moyens de la politique d'action Mais pourtant cet idéal d'une Rome italienne, d'une Rome civile, groupant autour d'elle toutes les autres provinces de l'Italie, était une divination, et dans le crépuscule des traditions opposées, désormais, sur leur déclin, il était l'étincelle d'où devait jaillir la lumière de l'avenir.