Fam.. XII
Fobscurité des professeurs. Peut-être la misère continuelle de son maître Gonvenevole fit-elle effet sur son esprit ; il lui reconnut de l'intelligence, il échangea avec lui des marques d'affection, mais il semble qu'il avait pour lui plus de pitié que de considération.
L'opinion peu flatteuse qu'il avait des maîtres devait venir aussi de son indépendance d'esprit naturelle, qui lui valut des critiques et des accusations de ses rivaux et des envieux. Il s'insurgeait en effet contre les écoles. Enclin par nature à la philosophie morale l, il tirait ses priucipes de l'éclectisme de Cicéron, du stoïcisme mitigé de Sénèque et du léger platonisme de saint Augustin, où certes il y avait plus de charme que dans le sévère formalisme de la scolastique. Or, il ne se fit pas faute de critiquer celle-ci, attaquant principalement l'abus de la dialectique qui pouvait être un bon instrument mais non le but de la philosophie '. Il compare les savants, qui passent leur temps à ces vaines discussions, à des vieillards qui s'amuseraient à des jeux d'enfants, ou à une sombre nuée de fourmis sortant de la cavité d'un chêne vermoulu \ De