‹ PétrarqueChapitre 160 sur 178 · Fam., IV · texte numérisé non relu

Fam., IV

avec une incomparable délicatesse de sentiment, il se donne beaucoup de peine pour obtenir le laurier poétique, et puis il en prêche la vanité, il condamne l'amour de la gloire, et il consume sa vie pour elle.

On dirait que la contradiction est la forme constante de sa pensée et de ses actes. S'il se procure une légère satisfaction, ou un plaisir comme une maison agréable, un jardin modeste, une ombre traverse son esprit : l'idée de la brièveté de la vie et la vanité des choses humaines. S'il goûte le charme des beaux spectacles de la nature une sombre tristesse envahit son àme ; si l'ardeur de son tempérament lui fait oublier dans l'ivresse des sens, l'austérité de son caractère ecclésiastique, il s'adresse à lui-même de stériles reproches, et en tient un mystérieux et douloureux souvenir dans les pages d'un livre passionné '. Après avoir longuement ciselé avec la passion de l'artiste ses plus belles poésies lyriques, il les condamne comme des œuvres ridicules et répréhensibles dont il a honte, mais loin de les détruire il ne cesse avec une sollicitude persé-

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