CHAPITRE III vaugluse
Vaucluse. — Vie libre et laborieuse. — Projet du poème Africa. — Démarches pour le couronnement. — Double invitation. — Préférences pour Rome. — Examens solennels. — j Le couronnement. — Pétrarque à Pai-me. — Selvapiana. — L'aveugle de Pontremoli. — Retour à Vaucluse. — Pétrarque et Cola di Rienzi. — L'ambassade de Naples. — Crainte de la mer. — Retour à Parme.— Fugue aventureuse. — Encore à Vaucluse. — Puis à Parme une seconde fois. — Voyages répétés. — L'archidiaconat de Parme. — Le souper de Suzzara. — A Rome pour le jubilé. — Le coup de pied de Rolsena. — Visite à Arezzo. — L'invitation des Florentins. — Retour à Vaucluse. — Répugnances pour Avignon. — Accu sation de sorcellerie. — Salve cara deo lellus.
Vaucluse est un village à 15 milles d'Avignon, voisin des sources de la Sorgue, dans une vallée étroite d'où il tire son nom (Valchiusa). Deux courtes chaînes de montagnes grises et escarpées formant deux hautes parois au pied desquelles court le ruisseau, sont fermées dans le fond par un rocher de près de 700 mètres de haut qui descend presque à pic,
vaucluse, 1337-1353 51
en enserrant la source. Zumbini en fait cette description: «Ici se présente le spectacle étrange d'une immense et profonde caverne toute pleine d'eau à l'intérieur de la montagne, un vrai lac souterrain qui se meut et ondoie dans les ténèbres qui l'entourent l. » De ce bassin l'eau se précipite à travers les rocs en une cascade tumultueuse, puis rentre paisiblement dans le lit de la Sorgue. A l'ouverture de l'étroite vallée, sur un mamelon, se dressait le château de Cabassoles, plus bas était le petit village. C'est la partie qui s'étend entre le village et la source que Pétrarque choisit pour sa demeure solitaire, tout près de la bruyante cascade qui résonne dans les flancs resserrés de la montagne, et dans le poétique enchantement d'un paysage à la fois sauvage et beau.
C'est là que « fuyant le bruit de la ville abhorrée, dont les mollesses avaient affaibli ses forces, il établit son Hélicon transalpin 2, là qu'il trouva la solitude qui fut toujours l'un des désirs les plus ardents de son esprit contemplatif, et que rcva sans cesse son imagination ; là qu'il trouva le recueillement dans le travail,