‹ PétrarqueChapitre 24 sur 178 · F* XIX · texte numérisé non relu

F* XIX

vaucluse, 1337-1353 53

d'un serviteur rustique « sorte d'animal aquatique, élevé à la source, gagnant péniblement sa vie au milieu de ses rochers ' » et qui avait une femme « d'aspect rébarbatif, brûlée comme les déserts de Libye et d'Ethiopie, et telle que si Hélène lui avait ressemblé, Troie existerait encore2 », mais tous deux empressés, laborieux, fidèles autant que la fidélité même 3.

Cette solitude sauvage réalisait pour le poète le rêve de sa vie. « Dès ma première jeunesse », écrivait-il devenu vieux, « j'avais une telle horreur de la ville que beaucoup m'appelaient Sylvain plutôt que François4 » ; il y goûtait les délices suprêmes qui consistaient pour lui dans la tranquillité de ses études et la contemplation des beautés de la nature. Ici, disait-il, « pas de seigneurs tout-puissants et de citoyens orgueilleux, pas de colères de partis, pas de tumulte, pas d'intrigues, pas de sonneries de trompes, pas de bruit d'épées, mais la paix, la joie, la simplicité d'une vie libre modeste et facile 5. »

L'étude était l'occupation habituelle de ses

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