Fam., XVI, 6 ; XVII
journées « dans la solitude agréable et calme qui régnait partout, sur les pentes ombreuses, dans les vallées amènes et les retraites cachées, dans le grave et solennel silence qu'interrompaient seulement le murmure des eaux, le mugissement des bœufs, le chant des oiseaux l. » Des deux jardins, l'un dominait la source tandis que la roche inaccessible se dressait par derrière, sauvage et nue. Tout près de sa maison, l'autre petit jardin fleurissait dans un îlot, au milieu du ruisseau, d'où le poète pouvait à sa fantaisie imaginer une lutte gracieuse avec les Naïades qui lui en disputaient la conquête 2. En suivant le cours d'eau, derrière sa maison, un rocher creux formait une sorte de grotte dont il aimait à faire un lieu d'études, mais un autre retrait plus étroit, dans la roche, presque au milieu des eaux, lui semblait mieux que tout autre propice à la méditation et aux inspirations profondes 3. Et le poète s'y abandonnait tout entier. Il avait pris l'habitude de se lever au milieu de la nuit, et de se mettre aussitôt à l'étude; à l'aube il quittait sa maison, absorbé
]. \nrie, 42.
'2. Epist. poet., III, 1.