l'uni., XIII
vaucluse, 1337-1353 55
par ses pensées, errant toujours seul, de l'une à l'autre rive de la Sorgue, dans les vallées arides, sur les pentes dénudées, ou à l'ombre des grottes moussues l. Ses seuls compagnons vraiment agréables étaient ses livres, nombreux et variés : saints, philosophes, poètes, historiens, orateurs \ Par eux, et par la pente naturelle de son esprit fécond, lui furent inspirées la plus grande partie des œuvres qu'alors et plus tard il composa en latin dans cet asile calme, telles que le traité De la vie solitaire ; De la paix des religieux ; et certaines parties des Vies des hommes illustres et des Faits mémorables ainsi qu'un grand nombre d'épîtres en vers et d'églogues. Dans l'intervalle de ces études il entretenait une correspondance assidue avec ses amis, se livrait à la poésie, traçait, en admirables sonnets, la brillante peinture du paysage qui, reflété par son imagination, se faisait gracieux et charmant dans la délicatesse et l'harmonie des teintes.
La vie de Pétrarque dans cette retraite alpestre fut dépourvue d'événements et par conséquent de souvenirs ; quelques promenades à