‹ PétrarqueChapitre 28 sur 178 · Ai posteri · texte numérisé non relu

Ai posteri

forcée, eut plus de peine que de repos; le premier jour lui parut une année ; le matin suivant il se réveilla avec un grand mal de tète qui l'accabla tout le jour ; le surlendemain il eut des frissons de fièvre. Alors son ami voyant que le remède était pire que le mal lui rapporta ses clefs, et la santé revint \ Le travail fut repris avec « tant d'entrain et d'activité 2 » qu'en peu de mois le poème était déjà très avancé.

La hardiesse d'un si vaste dessein, la difficulté de son entreprise causèrent aux contemporains de Pétrarque un étonnement dont on retrouve l'écho dans ses lettres. Transportonsnous par la pensée dans ce siècle, alors qu'un latin grossier ne s'élevait guère au-dessus de la vieille forme scolastique ou de chancellerie, et nous pourrons nous figurer l'impression du monde savant à la nouvelle du poème annoncé. Les amis et les admirateurs du poète déjà célèbre, attendaient et se disputaient les fragments que sa muse daignait accorder à leur avide curiosité, et leurs éloges, en le portant aux nues, accroissaient sa célébrité. Peut-être n'était-ce

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