Fam., IV
cendres, par son nom seul imposait le respect au monde entier et les conquérants les plus fameux ne se seraient pas crus vraiment princes s'ils n'avaient reçu d'un Pape ou d'un cardinal la couronne des Césars ; double grandeur qui, dans un esprit jeune, admirateur de la gloire du paganisme, et croyant dans les miracles du Christ, devait avoir une puissance que nous avons peine à imaginer aujourd'hui \ » Le laurier représentait encore pour Pétrarque un sentiment de dévotion et une union symbolique avec Laure dont le nom le couronnerait ainsi. L'esprit tout occupé de ces pensées, il partit le 10 février 134 l,etpour abréger la durée du voyage il ne craignit pas de s'exposer à une longue traversée qui s'effectua assez heureusement malgré les bourrasques et la délicatesse naturelle de son estomac \ Il arriva ainsi directement à Naples avec l'intention de se faire examiner par le roi et déclarer digne de la couronne.
L'accueil fut très chaleureux et très flatteur. Les conversations étaient savantes et pleines de
1. Cf. Hortis. Scntti inediti de Fr. Pet. Trieste, 1874, page 5.