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LA SIGNIFICATION DES TRIOMPHES

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■disparue, il n'a plus à se plaindre que de la destinée, tandis qu’auparavant il avait à se plaindre de son amante elle-même ; c’était somme toute une consolation.

Les Triomphes — nous allons le démontrer — forment la synthèse et le couronnement des sonnets et des « canzoniv ; Pétrarque y reprend, en les développant, un certain nombre d’idées qui hantaient son esprit'. Et tout d’abord, c’est Laure qui est l’héroïne des Trionfi comme elle est celle du Can^oniere; le poème gravite autour d’elle, comme la Divine Comédie autour de Béatrix. Seulement, ici, elle se montre à nous transfigurée, vivant dans un monde idéal, en compagnie des esprits les plus illustres de tous les pays et de tous les temps.

Passons d’abord en revue quelques-uns de ces rapprochements :

La toute-puissance de l’Amour, n’est-ce pas le thème par excellence de la première partie du Caiz^oniere! Sans cesse Cupidon y lance ses flèches (sonnets n, ni, xxiii, xxix, xxxxix, liv, etc., « canzone » i, madrigal 10, etc.).

L’arco ch’ ogni cosa spezza2.

Cieco non già, ma faretrato il veggo;

Nudo, se non quando vergogna il vêla,

Garzon con l’ali, non pinto, ma vivo .

Dans le Can^oniere, Pétrarque semble envier le moment où l’Amour peut se concilier avec la Chasteté :

Presso era’ 1 tempo dov’ Araor si scontra Con Castitate, ed agli amanti è dato Sedersi insieme e dir che lor incontra.

Puis, immédiatement, il oppose à tous deux la Mort :

Morte ebbe invidia al mio felice stato

. e feglisi ali’ incontra

A mezza via, corne nemico armatoL

Dans la seconde partie du Can^oniere, c’est la Mort, non la Chasteté, que Pétrarque fait partir en guerre contre l’Amour. A tout instant, il insiste

i. Gaspary aussi a mis en lumière le lien qui rattache les Trionfi au Can^oniere et montré comment, dans le chapitre u du Triomphe de la Mort, Pétrarque •célèbre sa réconciliation intellectuelle avec Laure.

( Storia délia Letteratura italiana, t. I, p. 409.)

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