‹ PétrarqueChapitre 115 sur 252 · LES SOURCES DES TRIOMPHES · texte numérisé non relu

LES SOURCES DES TRIOMPHES

rien ne lui eût été plus facile que d’évoquer toutes sortes de pompes. Ne l’a-t-il pas prouvé dans V Africa' ?... Mais, avec une vue très nette et très fine des conditions de la poésie au moyen-âge, il n’a pas voulu que l’élément classique paralysât ou glaçât les libres et chaudes inspirations du génie chrétien. Remercions -l’en. Rien, à cet égard, ne ressemble moins à la création, immortelle elle aussi, mais si éminemment païenne, du grand peintre quattrocentiste Andrea Mantegna, le Triomphe de Jules César.

Pétrarque, cependant, avait trop de lecture pour ne pas se rencontrer avec l’un ou l’autre de ses prédécesseurs. La critique a le devoir de relever ces réminiscences plus ou moins inconscientes.

L’on a mis en avant les Institutions divines de Lactance. Cet auteur mentionne, en effet, un poème consacré au Triomphe de l’Amour. « Après avoir fait, dit-il, le détail de toutes les victoires remportées par Cupidon sur les habitants de l’Olympe, le poète a représenté le fils de Vénus sur un char devant lequel marchent Jupiter enchaîné et tous les autres dieux1 2 3. »

11 est certain qu’une imitation flagrante de ce passage se trouve à la fin du premier chapitre du Triomphe de l’Amour; nous y voyons la phalange des Immortels suivre le char de leur vainqueur : Vénus et Mars, Pluton et Proserpine, Junon et Apollon, bref, « tous les dieux de Varron ». Jupiter marche en tête, chargé de liens innombrables :

E di Iacciuoli innumerabili carco Vïen catenato Giove innanzi al carro.

Mais cette imitation dans un détail ne touche pas à l’économie même des Triomphes 3.

Avec les deux poèmes les plus considérables du xni° et du xiv' siècle, le Roman de la Rose et la Divine Comédie , les points de contact sont plus

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