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CHAPITRE IV

de plusieurs sages, comme Salmon {sic), Jason, Absalon et plusieuis autres ' ».

D’autre part, toute une série de miniatures, illustrant un autre ouvrage de Pétrarque, le De Viris illustribus , nous montrent le Triomphe de la Renommée.

C’est d’abord, à la Bibliothèque Nationale de Paris, un manuscrit du fonds latin (n° 6069 1), où, dans une sorte de « mandorla »,la « Gloria» trône sur un char traîné par des chevaux fringants que montent des adolescents sonnant de la trompette. Dans le bas, une foule de personnages à cheval — guerriers, poètes, philosophes — regardent la déesse et recueillent les couronnes qu’elle leur jette2.

Nous avons là tous les éléments du Triomphe de la Renommée, sauf que le char est isolé dans les airs, et que le cortège est immobile, au lieu de se dérouler à la façon d’une frise. Notons, en passant, que les génies nus, ou plutôt les anges, qui voltigent autour de la « Gloria », sont de tout point charmants : rien n’égale la douceur de leurs traits.

Un autre manuscrit du De Vins (terminé en 1379), également conservé à la Bibliothèque Nationale de Paris (fonds latin, n° 6069F), montre une composition analogue. Les cavaliers — tous des souverains ou des guerriers — sont partagés en deux troupes 3 (gravé ci-contre).

Un troisième Triomphe de la Renommée, différent des précédents, se trouve dans un manuscrit de Pétrarque, à la Bibliothèque de Darmstadt : « quorundam clarissimorum heroum Epithoma ». La déesse trône, le glaive dans la main droite, une statuette nue dans la gauche. Des chevaux traînent le char. A droite et à gauche, des cavaliers — des guerriers seulement — s’élancent vers la Renommée pour recevoir leur récompense. — La facture est infiniment plus rude que dans les deux manuscrits de notre Bibliothèque Nationale4.

Tout nous autorise à croire que ces différentes miniatures ont pris naissance à Vérone, centre de bonne heure acquis à l’influence classique.

11 résulte de nos trois documents , que, du temps même de Pétrarque, peut-être de son vivant, les enlumineurs de ses manuscrits s’étaient comme spontanément entendus sur l’illustration du Triomphe de la Gloire ou de

1. J. -J. Guiflrey, Inventaire des Tapisseries de Charles VI, vendues ou dispersées par les Anglais de 1422 à 1435; Paris, 18875 p. 37; cf. p. 64, 65. — Peut-être la tapisserie du « Dieu d’Amour » et le tapis à « personnages d’Amours » , avec la déesse d’Amour, qui figurent sur la même liste, se rattachent-ils également aux Triomphes de Pétrarque.

2. Reproduite dans L'Histoire de l'Art pendant la Renaissance, t. I, p. 229.

3. Publié parM. de Nolhac: Galette des Beaux- Arts, 1890, t. I, p. 169.

4. Ein veronesisches Bilderbuch und die hœfische Kunst im XIV. Jahrhundert (Jahrbuch der Kunstliistorischen Sammlungen des a. h. Kaiserhauses) ; Vienne, 1895; t. XVI, pl. xxv.

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