CHAPITRE V
l’Amour. Les terrains sont en noir, ainsi que les montagnes, les flammes, les ornements du char et de la coupe, les harnais des chevaux et les détails des costumes. La bordure offre le style florentin des éditions de Savonarole. Dans la scène suivante, la Chasteté tient, de la gauche, une palme et, de la droite, les cordes dont elle a lié Cupidon, agenouillé sur le devant du char. En tête du cortège,- une femme porte le drapeau sur lequel est brodée l’hermine. Dans la gravure consacrée à la Mort, le char,
ou plutôt le catafalque, traîné par quatre buffles s’élançant au galop, est agrémenté d’emblèmes lugubres : ossements, tibias.
Dans les airs, deux démons entraînent les damnés et deux anges emportent les bienheureux. La quatrième gravure représente la Renommée assise, de face, dans un disque dominant le char, toujours comme dans les miniatures du xive siècle. Dans la scène suivante, un chien et deux enfants précèdent le char attelé de cerfs : ce même motif se retrouve dans les éditions vénitiennes, que l’éditeur florentin de 1499 a si largement mises à contribution. Le Temps s’appuie sur des béquilles ; à côté de lui est posé un sablier; dans les airs, volent quatre oiseaux. le triomphe de l’amour La dernière gravure met en scène le Père
Gravure de l’édition vénitienne de Codecha tenant le Crucifix, placé Sur Un chai'
que traînent les quatre Evangélistes.
Ces gravures, d’une facture inégale et heurtée, pèchent surtout par leurs fonds noirs, trop opaques, dans le genre des illustrations de Savonarole'.
A côté des peintures, des miniatures et des estampes, un domaine de prédilection pour les Triomphes, c’est la sculpture en ivoire. Ici, toutefois, la variété est moins grande ; toute une série de reproductions dérivent d’un type commun.
Les plus célèbres de ces ivoires sont ceux qui composent les deux coffrets de la cathédrale de Graz. Un auteur moderne a tenté de les revendiquer
1. Une copie des bois de 1409 a été publiée à Florence, chez Bernardo Zuchetta, le 22 août i5i3.
(Un exemplaire de cette édition, inconnue jusqu’ici, se trouve dans la bibliothèque du Prince d’Essling).