LES SCULPTURES
pour Nicolas de Pise et pour son fils Jean ; bien plus, il a prétendu y reconnaître le prototype du poème de Pétrarque ' ! Mais un examen sommaire suffit pour établir que ces bas-reliefs appartiennent à la fin du xve siècle ; les figures, lourdes, trapues, estompées, se rattachent plus ou moins directement aux Ecoles de la haute Italie (ils portent les armoiries des Gonzague, seigneurs de Mantoue). Leur auteur avait l’esprit obtus et la main peu exercée.
Le premier Triomphe met en scène Cupidon, nu et ailé, debout sur un brasier et tenant d’une main une torche, de l’autre un arc. Ce brasier, à
LE TRIOMPHE DE LA MORT Ivoire italien du xv0 siècle (imité de ceux du dôme de Graz). (Ancienne collection Malcolm.)
son tour, repose sur un char richement ouvragé, traîné par des chevaux sur lesquels ont pris place deux Amours. Aux côtés du char, marchent des personnages nus, ou drapés à la romaine : Hercule, Orphée, etc. Dans le second Triomphe, deux licornes tirent le char sur lequel la Chasteté se tient, un bouclier dans la droite, une palme dans la gauche. Devant elle, est agenouillé Cupidon, en pénitence, les mains liées derrière le dos. Aux côtés du char, s’avancent une quinzaine de femmes, et en avant une autre portant l’étendard. Le char de la Mort a pour attelage les deux buffles traditionnels et pour tenant un squelette armé de la faux. Sur les côtés sont sculptés des têtes de mort et quatre squelettes se donnant la main, comme pour valser de conserve. Le sol est jonché de cadavres de papes, de rois, de
i. Steinbüchel, Die Reliquienschreim der Katlie- içwei Reliquienschreine im Dôme qu Gra\. Graz, 1882 drale 7 u Grat 7. Vienne, i858. — Cf. J. Graus, Die (avec une bibliographie très complète).