CHAPITRE Y
simples mortels; au fond, s’étend un paysage agrémenté d’une ville forte et d’arbres ressemblant à des champignons. Dans la scène suivante, la Renommée, debout, étend une couronne ; elle a pour attelage deux éléphants ; pour escorte, des preux et des preuses : Hercule avec la massue, Samson avec la mâchoire d’âne, Judith avec la tête d’Holopherne. L’avantdernier Triomphe, celui du Temps, est faiblement caractérisé : une douzaine de vieillards à longues barbes entourent le char traîné par des cerfs et sur lequel se tient un autre vieillard. Dans l’ Apothéose de la Divinité, enfin, des anges se sont attelés au char, dont les quatre coins sont occupés par les symboles des Évangélistes et sur lequel trône le Père Éternel, au milieu d’autres anges; sur le sol, marchent saint Jean-Baptiste, saint Jacques Majeur, saint Pierre, saint Barthélemy et d’autres apôtres ou saints, ayant presque tous la tête ornée d’un nimbe plein, semblable à une galette, et se présentant sous les faces les plus variées.
Toute une série de bronzes ou d’ivoires dérivent des coffrets de Graz et les reproduisent avec de légères variantes. Ils appartiennent en totalité à la haute Italie et datent de la fin du xve siècle. Citons, au Musée du Louvre, le Triomphe de l'Amour, bronze de l’ancienne collection His de la Salle ' ; le Triomphe de la Mort, également en bronze, de l’ancienne collection Davillier*. Puis, c’est une série de bas-reliefs en ivoire : le Triomphe de la Renommée, au Louvre1 2 3; le Triomphe de la Mort, dans l’ancienne collection Malcolm4; le Triomphe de la Chasteté et le Triomphe du Temps, dans l’ancienne collection Cook, à Richmond. Un autre ivoire, celui de la collection Carrand, au Musée National de Florence, le Triomphe de l’Amour (photographie Alinari, n" 20945) offre plus d’indépendance : c’est ainsi que l’Amour y a les yeux bandés, tandis que, dans le coffret de Gratz, il les a découverts ; on y voit, en outre, un groupe d’amoureux unis par une femme âgée. — Rappelons aussi, dans l’ancienne collection du comte Keglevich, les plaques en ivoire qui ornent une édition de Pétrarque (1472) et qui représentent le Triomphe de l'Amour ainsi que le Triomphe de la Mort s.
Tous ces bas-reliefs, reproduisant les mêmes modèles, sortent évidemment du même atelier.