Berenson, Lorenzo Lotto, p. 224-323. Londres, iS
3. « (Bernardino Campi) depinse in casa di certi mercatanti de i Lodi parte delTrionfo d’Amore, corne descrive il Petrarca, et diede da finir il rimanente ad Antonio Pordonono... » (Lamo, Discorso... intorno
alla Scollura et Pittura, p. 53. Crémone, 1584.)
4. Frimmel : Repertorium fur Kunstwissenschaft, 1884, t. VII, p. 1 - 1 5 . — Le même, Beitrœge qu einer Ihonographie des T ode s, p. 5 1. — Chronique des Arts, 1886, p. 2 77. — Duc de Rivoli : 'Chronique des Arts, 18S6, p. 247. — Cf. Ridolfi, Le Marayiglie âelV Arle, 1. 1, p. 273 et suiv. Venise, 1648.
L’ITALIE
former le dernier tribut payé à Pétrarque par la peinture italienne de la Renaissance.
Dans le Triomphe de la Mort, le char funèbre, attelé de deux buffles, nous montre, • sur le devant, les trois Parques, désignées chacune par leur nom; au sommet, se tient la Mort, une figure décharnée, la couronne sur la tête, la faux à la main. Le char passe sur le cadavre d’Alexandre, qu'il broie; en avant, gisent sur le sol Antoine et Cléopâtre, le pape Jules II, Fabius,
LE TRIOMPHE DE LA MORT, PAR BONIFAZIO VENEZIANO D’après la gravure de Pomarede.
Pompée, Scipion et Annibal, Hector, Pyrrhus; tandis que Thisbé s’élance sur un glaive devant le cadavre de Pyrame; plus loin, se montre Sémiramis.
Dans le Triomphe de la Renommée, le char, traîné par deux lions sans brides, porte « Fama », assise, sonnant de la trompette. A ses pieds, sur le devant du char et à demi couchée, on voit la Mort, un beau jeune homme presque nu, le bras gauche appuyé sur des crânes; au-dessous, l’inscription : « Mors. » Autour du char marchent, à droite, « Saladinus, Fabius, Achilles, Alexander, Plato, Solon, Philosophi, Græci et Latini, Diogenes » ; plus à gauche, est étendu à terre un torse avec l’inscription : « Sculptura1. » A côté
i. C’est la seconde fois qu’un artiste corrige première leçon avait été donnée par le peintre des Pétrarque et lui reproche d’avoir oublié les arts tapisseries de Madrid. (Voir ci-après la description plastiques dans son cortège de la Renommée. La de cette suite.)
iS8
des lions, une femme, « Pictura», porte un tableau; sur la gauche s avancent : « Lucrecia, Zenobia, Semiramis, Camilla, Dido, Julia, Judith, Pyrgotilis (sic), Bellona » ; plus loin, ce sont les « Romani », dans le fond, les « Siri et Persi, Arabi », qui combattent. Notons que plusieurs de ces guerriers ou philosophes ont déjà figuré dans la scène précédente.
Avec le Triomphe du Temps reparaît l’attelage consacré par tant de générations : deux cerfs traînent le char du vieillard, aux grandes ailes étendues, vêtu d'une longue robe et tenant dans sa droite un compas ouvert, avec lequel il mesure le globe. Dans le cortège figurent : « Philippus et Agamemnon, Nestor, Darius et Alexander » ; puis, désignés aussi par leurs noms : « Ulisses, Diomede (sic), Plato, Aristoteles, Alcibiades, Semiramis, Cleopatra, Zenobia, Saladinus, Cyrus, Esculapius, Orithea, Hypolita, Ajax, Lipa, Syphax, Leonidas, Massinissa. »
Le dernier char, traîné par les symboles des quatre Evangélistes, porte le Christ assis sur le globe terrestre et bénissant. Les roues sont poussées par « Gregorius, Hieronymus et Augustinus »; le quatrième Père de l’Eglise, « Ambrosius », est caché par le char. Au premier plan, on voit des enfants à demi nus, désignés par le mot : « Innocentes » ; au fond : « S. J. Baptista, S. Petrus, V. Maria, S. And(reàs), Apostoli, Confessori (sic), Martyri (sic), S. Laurentius », et beaucoup d’inconnus. Dans le fond également, mais à la gauche du Christ, s’avancent : «Abraham, Patriarchæ, Noe, Prophetæ, David, Latro, Virgines, Viduæ, Sibillæ » , et d’autres personnages sans nom. Dans les nuages, apparaît Dieu le Père, vers lequel montent Adam et Eve, Moïse et Aaron, et deux autres personnages.
A côté des peintures conservées à Vienne et à Weimar, il faut signaler les trois frises de la collection Cook, à Richmond. Elles représentent la Renommée, la Chasteté et la Divinité, et semblent également se rattacher à Bonifazio.
Dans le domaine de la Miniature, à peine si nous pouvons citer trois ou quatre manuscrits consacrés à notre poème.
Le premier en date est celui de la Bibliothèque Nationale de Madrid (Réserve, G*i5), écrit en i5o8 par Lodovico de Vicence (s Ludovicus Vicentinus scribebat. MDvnm)'. Ses miniatures nous offrent une interprétation des plus attachantes, pleine d’indépendance et cependant fort pittoresque ;
i. Le volume se compose de cent quatre-vingt quatre feuillets, non compris trois feuillets de garde (haut., om 2 1 2 ; larg., orai3i). Trois Triomphes, ceux de la Chasteté, dit Temps et de la Divinité, ont été
arrachés. Quant au frontispice, représentant Pétrarque assis en face d’Apollon, qui joue du violon, il a été certainement ajouté après coup et semble dater du xvu° siècle seulement (voy. p. 85).
L’ITALIE
elles se distinguent, entre autres, par la prédilection pour les figures nues. Dans la première scène , quatre prisonniers nus (réminiscence de Michel-Ange), sont enchaînés au socle qui supporte Cupidon ; un autre est étendu sur le sol. Quant aux chevaux attelés au char, ils ont l’air d’aller à l’aventure. Le cortège, un peu disloqué, comprend Vénus et Mars, un vieillard nu, à barbe blanche (Adam ?), un Turc et divers autres personnages. Au fond, l’on aperçoit un autre char traîné par quatre chevaux au galop. Un motif nouveau, c’est, dans la miniature consacrée à la Mort, l’entretien de Pétrarque et de Laure, assis tous deux sur le sol, au pied de deux arbres, dont un laurier. Dans la même miniature, l’artiste, au lieu de représenter la Mort sous forme de squelette, en fait une femme en deuil, assise, tenant nonchalamment la faux et comme accablée par sa sinistre mission : en cela, il s’inspire manifestement de Pétrarque (voy. p. 1 1 8) . La troisième miniature,
qui a pour héroïne la Renommée, paraît d’une autre main, bien que contemporaine. Les personnages, infiniment plus grands, n’ont pas la distinction des deux premières pages. La déesse, un peu trapue, tenant un glaive et un miroir, se montre de face, sur un char que deux éléphants, aux oreilles immenses, plus ou moins conventionnels, tirent de gauche à droite. — Les personnages qui composent le cortège manquent de toute netteté et de tout galbe.
Nous trouvons ensuite, à la Bibliothèque de Cassel', un manuscrit, écrit par Jacopo Giglio et orné de miniatures par un artiste du nom de Marmita, que les historiens d’art iden- Miniatnre italienne dn xvi- siècle. tifient, tantôt à Marmita de Parme, peintre
(BibliothèqueNationaledeMadrid.Rés.Ga i5.) . , A
et graveur en pierres dures, tantôt a son fais Lodovico, aussi appelé Lodovico da Parma 3.
i. Schubart, Serapeum, i5 février i863. 2. Vasari, éd. Milanesi, t. V, p. 383.
LE TRIOMPHE DE l’aMOUR Miniature italienne du xvi0 siècle.
(Bibliothèque Nationale de Madrid.
Rés. Ga. i5.)