‹ PétrarqueChapitre 179 sur 252 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

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Ces miniatures, d'un fini extrême, sentent encore le « quattrocento tant par la conception et les costumes que par les attitudes et par la prédilection pour les raccourcis; le canon des figures, au contraire, ultra-élancé, et les physionomies, mièvres, parfois même fébriles, proclament la décadence. Ajoutez que l’idée s’y trouve reléguée au second plan, et qu’il ne reste plus rien de la belle ordonnance rythmée, si chère à l’ère précédente. Pour comble, l’artiste a dédoublé les scènes, enlevant ainsi à chaque Triomphe son unité et sa portée. — Nous donnons ci-dessous une notice succincte sur cet ensemble somme toute fort curieux et attachant.

I. L’Amour, baissé sur, son arc, occupe un char traîné par quatre chevaux blancs, aux attitudes fières et véhémentes. En avant est assis, enchaîné et se lamentant, un homme nu. Devant les chevaux, un personnage est étendu, les genoux en l’air,, dans l'attitude chère aux Primitifs. A droite et à gauche de l'attelage, le cortège se prolonge jusqu’à l’arrière-plan en figurines microscopiques. La bordure se compose d’un cadre orné de sept camées, avec des sujets faisant allusion à la puissance de l’Amour (« Tibi Cupido»); ce cadre à son tour repose sur un sarcophage , flanqué d’un écusson que soutiennent quatre charmants petits génies. — II. Pétrarque et l’ombre qui l’accompagne suivent à peu de distance le char de l’Amour. — III. Au premier plan se tiennent quatre personnages; plus loin, une biche' broute ; dans le fond, apparaît l’avant-train du char de Cupidon. — IV. La, Chasteté combat Cupidon. Près de celui-ci, sont trois femmes dont une brise sur son genou la flèche du jeune dieu, tandis que la seconde le tient par les ailes. Plusieurs spectateurs assistent à la scène. — V. La Chasteté se prélassesur un char à deux roues, attelé de deux licornes ; un Cupidon microscopique est attaché sur le devant. Une femme portant une bannière précède le char; cinq autres femmes le suivent. — VI. La Chasteté sur son char rencontre la Mort (celle-ci, très effacée, est difficile à reconnaître), suivie d’une troupe de squelettes. — VII. Sur la droite de la composition, devant Pétrarque endormi, une femme drapée d’une étoffe légère, représente sansdoute l’ombre. A gauche, au fond, se montrent deux personnages, l’un assis, l’autre debout, entouré d’une auréole. — VIII. Dans le haut, on voit : un groupe ; au milieu, un grand personnage; à ses côtés, deux personnages plus, petits; tout autour, des petites têtes d’anges; dans le bas, un homme assis;.

LE TRIOMPHE I)E LA CHASTETÉ Miniature italienne du xvi” sièclé.

(Bibliothèque de Cassel.)

L’ITALIE

au milieu, tout près du bord, un petit canard; à droite, une cigogne; dans le fond, le char noir de la Mort. — IX. Le char de la Renommée est traîné par un animal fantastique, à quatre pattes, ailé, avec une tête d'oiseau; il a pour suivants un cavalier et des piétons. — X. Au premier plan, on aperçoit : un homme, sans doute Pétrarque; plus haut, un monticule, derrière lequel s’avance une troupe armée de longues piques; sur la gauche, une autre troupe de cavaliers, armés de la même manière, et un homme qui marche à grands pas, tenant devant lui un bouclier; ■ plus haut, encore, le char de la Renommée traîné par un animal fabuleux. — XI. A droite, Pétrarque, assis, soutient

de la main droite son front. Tout à fait à gauche, dans le fond, s’avance le char de la Renommée, suivi d’une troupe cachée en partie par un monticule. Près de ce monticule broute un cerf ou une biche. — -

XII. Le char, traîné par deux cerfs, porte un personnage vêtu de vert, tenant un bâton en forme de T. Derrière lui, on aperçoit une tête, puis un second personnage habillé de rouge, levant un sablier de la main droite, puis un vieillard avec un bâton ; enfin, derrière ce dernier, encore un personnage dont on ne voit que la tête. —

XIII. A gauche, saint Jean Précurseur se tient debout , une croix dans une main , l’agneau crucifié dans l’autre. Près de lui, deux petits anges traînent le char, aux angles duquel se tiennent les symboles des Evangélistes et dont le milieu est occupé par Dieu le Père , avec le globe du monde : des Évangélistes ou Apôtres , aux formes estompées, suivent le char. Cette miniature

-est la plus insuffisante de toutes et montre à quel point l’inspiration avait faibli dès lors. — Le manuscrit de Cassel n’en reste pas moins un bijou -comme distinction et comme fini.

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