CHAPITRE VI
(cette gravure est à rapprocher de celles de la série rivale). ■ — V. Deux cerfs, d’un raccourci trop hardi, s’élancent vers le spectacteur. Sur le char, Saturne, debout, dévore un enfant. Des deux côtés marche un cortège de princes et de guerriers, mêlé de quelques femmes. — VI. Le char de la Divinité est entraîné à droite par les quatre animaux de l’Evangile, qui bondissent. Sur le char trônent le Père Éternel, de face, et le Christ, de profil. Dans l’angle inférieur de gauche se tiennent trois enfants nus. Au fond, parmi les élus, on reconnaît saint Laurent. — Ces gravures figurent dans un certain nombre d’éditions de Gabriel Giolito (1543, etc.) ‘.
Une autre suite, que nous désignerons sous le titre du Groupe des Prisonniers et de la Mort vue de dos (o”’o65 sur omo6), pèche par le dessin (les figures, trop allongées, sont vides et déclamatoires), non par le travail même de la gravure, qui est franc, net et vigoureux. Elle comprend les sujets suivants :
I. Le cortège se dirige à gauche. Au premier plan, à droite, on voit un groupe de prisonniers. —
II. Le cortège se dirige à gauche. La Chasteté assise tient une palme. Au premier plan, à gauche, sont deux femmes debout, l’une de face, l’autre de profil. — III. Le squelette se montre de dos. Cette composition, aussi sobre que pathétique, est à rapprocher des Simulachres de la Mort d’Holbein. — IV. La Renommée, de face, souffle dans une
longue trompette ; elle a pour escorte une troupe de cavaliers. Le cortège se dirige à droite. — V. Deux cerfs gigantesques sont attelés au char de Saturne, qui dévore un enfant. Devant eux, se trouvent deux enfants nus. — VI. Le dernier Triomphe se montre de face. Le Père Éternel et le Christ, tous deux assis, se regardent ; entre eux voltige la colombe du Saint-Esprit. En avant marchent des Évangélistes, des apôtres, des saints3.
C’est également pour Giolito qu’a travaillé le maître des Petites Vignettes tournées à gauche (o"’o55 sur oraoo4). Ses bois sont très nets et très élégants, malgré leur exiguité. En voici la description : I. La
LE TRIOMPHE DE LA CHASTETÉ Copie de l’édition vénitienne de i5o8.
(Florence, Giunta.)
1. Des copies (orao8 de large) apparaissent dans l'édition de Vincenzo Valgrisi (i56o); dans celle de Gian Andrea Valvassori (id . ), où l’on voit, en outre, le Triomphe de l’Espérance et le Triomphe de la Fortune , d’une facture assez grossière; dans celles de Niccolô Bevilacqua (i563) et de Gio. Antonio Bertano ( r 5 73 ), qui y mêle les Gravures en largeur
à la suite des Quatre Chevaux qui se cabrent.
1. Ces gravures se trouvent dans l’édition de 1547, publiée chez Giolito; elles reparaissent dans les éditions de 1 S53, 1 5 54, 1 558, i55g, etc., publiées chez le même éditeur. Les gravures II et IV ont été copiées presque textuellement, comme il a été dit, dans l’édition des Quatre Chevaux qui se cabrent.
L’ITALIE
composition a la forme d’une frise. Le char est attelé de quatre chevaux fringants, très variés d’attitudes; l’Amour trônant s’y montre de profil et tire de l’arc. Le cortège se compose de prisonniers. — II. La Chasteté, assise à droite, a une nombreuse escorte de femmes portant des palmes ; les licornes sont lancées au galop. ŒIL Le squelette se tient debout, de profil, sur un char que deux bœufs efflanqués traînent péniblement. Le fond se compose d’un joli paysage. — IV. La Renommée, debout, sonne de la trompette en courant sur son char, auquel sont attelés deux éléphants qui marchent au pas. Une troupe de guerriers l’accompagne. — V. Saturne, aux formes herculéennes, dévore un enfant. Les cerfs qui servent d’attelage marchent au pas. Le char est entouré d’un nombreux cortège. — VI. Le Christ, de profil, se retourne vers le Père Eternel, qui se montre également de profil. Les Evangélistes et leurs symboles traînent le char! « — • Parmi les éditions où figurent ces vignettes, nous citerons celles de 1 547, 1 557 et i56o, chez Gabriel- Giolito.
Avec la suite des Gravures en largeur (omio5 sur o’’’o85), la xylographie vénitienne jette une dernière lueur. Ce sont des compositions très nettes, très étoffées, d’une mise en scène brillante, mais d’un tirage fort défectueux.
Le paysage y tient une large place. Indiquons sommairement les sujets. — I. Le cortège, composé d'une infinité de personnages, se dirige vers la gauche.
■ — II. La composition est divisée en plusieurs plans. Au premier, on voit la lutte entre l’Amour et la Chasteté ; au second, l'Amour est lié à une colonne ; au troisième, se développe le Triomphe de la Chasteté-; l’arrière-plan, enfin, se compose de fabriques, d’un paysage, d’un port de mer. — III. Un petit nombre de figures se meuvent dans un paysage très étendu. Les deux buffles qui traînent le char s’avancent lentement vers la droite. — IV. La Renommée, nue, tenant d’une main un jeune homme