‹ PétrarqueChapitre 182 sur 252 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

également nu, qu’elle relève, et, de l’autre, une trompette, se montre de face,, sur un char traîné par deux éléphants. Un brillant cortège l’accompagne. V. La composition, cette fois, est des plus compliquées : dans les airs paraît le char du soleil, que Saturne suit, appuyé sur des béquilles. Plus loin, dans les nuages, on aperçoit Diane. Le bas est occupé par des groupes symbolisant les quatre Saisons : telle « Estade », une femme nue, couronnée d’épis, assise près de deux enfants qui jouent. — VI. Le char fait défaut. Le Christ est assis dans une gloire ; autour de lui se montrent des Évangélistes, des saints, etc., et une procession qui se dirige vers la gauche'.

Une autre suite de vignettes, échancrées et très petites (o'"o5 suromo35), publiées chez Niccolô Bevilacqua ( 1 56a ) , est aussi sèche que sommaire. Elle

ne mérite pas qu’on s’y arrête.

Les vignettes de l’édition Pietro Dehuchino (i58o, 1 586) qui se distinguent également par leur petitesse (omo37 sur omo3), manquent de caractère.

Citons enfin l’illustration du Pétrarque de Giorgio Angelieri ( 1 586). Malgré son exiguité (omo3 sur orao37), elle offre quelques traits dignes d’être relevés : tels les quatre chevaux de l’Amour , dans une attitude fort mouvementée; telle la Mort qui se baisse à la façon d’un faucheur.

Comme par le passé, bien que dans une mesure moindre, les Trionfi déteignent sur toutes sortes de compositions similaires.

Une édition du De Mulieribus Claris , de Boccace (Venise, i5o6), contient une gravure sur bois représentant un Triomphe inspiré de ceux de Pétrarque; on y voit, allant de gauche à droite, un char traîné par deux griffons, avec l’inscription « Perusia ». Sur la plate-forme, une femme ailée (la Renommée ?) souffle dans une longue trompette qu’elle tient de la gauche, tandis que sa droite porte une couronne. A droite, deux femmes courent; à gauche, un grand nombre d’autres femmes suivent le char; en avant, une femme tient une bannière frappée d’une couronne.

Une miniature représentant le Triomphe de Jules II, après la prise de Bologne (i5o6), dérive également des illustrations d’après Pétrarque'.

i. On trouve cette suite dans l’édition de 1549, cenzo Valgrisi (1571), et chez Alessandro Griffio imprimée pour M. G. B. Pederzano, puis chez (i58i-i582).

Giovanni Griffio (1264, 1 568, i5j3, etc.), chez Vin- 2. Cette miniature est gravée dans V Histoire de

L’ITALIE

Deux petits bas-reliefs en buis, au Musée des Arts industriels de Berlin, le Triomphe de Mercure (char attelé de taureaux) et le Triomphe de Pomone (char attelé de boucs), mettent à contribution, eux aussi, mais rien que pour l’arrangement général, la donnée pétrarquesque.

Citons, à côté d’eux, quatre plaquettes italiennes représentant les Triomphes de la Religion, de la Pauvreté, de la Sagesse et de la Folie

Le Titien enfin s’en inspire, dans son Triomphe du Christ, où le char ■est traîné par les quatre Symboles des Évangélistes; devant et derrière,

LE TRIOMPHE DE LA CHASTETÉ Suite des Gravures en largeur. (Venise, Pederzano, 1549.)

s’avancent des patriarches, des prophètes, des apôtres, des saints, absolument comme dans les Triomphes de la Divinité.

En dehors des imitations directes, l’idée même s’infiltre partout. Andrea Riccio, dans un des bas-reliefs en bronze du tombeau du célèbre anatomiste Marc Antonio délia Torre (Musée du Louvre), oppose, à la Mort (un squelette ailé, atterré, les bras tombants, la faux à terre), «Fama», lancée à travers l’espace et faisant revivre la mémoire du défunt. Le globe sur lequel la Renommée pose un pied, la couronne qu’elle tient, la trompette qu’elle brandit : autant d’emprunts faits à Pétrarque1.

l’Art par les Monuments, de Seroux d’Agincourt : Peinture, pl. lxxx ; texte, p. 84. — Citons encore le Triomphe de l’Impudicité, gravure circulaire, exé¬

cutée d’après Luca Penni (Bartsch, t. XVI, p. 419).

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